Togo : Faure Gnassingbé déjà élu pour un troisième mandat ?

La Présidentielle approche à grands pas au Togo. Mais l’opposition peine à empêcher le Président Faure Gnassingbé de briguer un troisième mandat de cinq ans.

A l’approche de la Présidentielle de 2015, le Président Gnassingbé n’a toujours pas déclaré qu’il est candidat à sa propre succession. L’opposition veut à tout prix l’empêcher de briguer un troisième mandat, mais dispose de peu de moyens pour le faire plier.

Pour le moment, la Constitution n’empêche pas le Président Gnassingbé, dont la famille est au pouvoir depuis près de 50 ans, d’être candidat à sa propre succession lors de l’élection de 2015, dont la date n’a pas encore été fixée. Pas plus tard que le 30 juin, un projet de loi prévoyant des réformes constitutionnelles réclamées de longue date par l’opposition, dont l’élection du Président au suffrage universel à deux tours (contre un tour actuellement), pour deux mandats de 5 ans au maximum, a été rejeté par les députés de l’Union pour la République (UNIR, au pouvoir), majoritaires à l’Assemblée nationale avec 62 sièges sur 91.

Depuis le 30 juin, les principaux partis d’ opposition multiplient les manifestations et les campagnes de sensibilisation afin que le projet de loi ne soit pas enterré. Mais pour le moment, le régime n’a pas invité les opposants à la table des négociations. « Ces réformes constituent la condition sine qua non pour la paix et la transparence des prochaines élections au Togo », explique à l’AFP Eric Dupuy, du Collectif Sauvons le Togo (CST, le plus important regroupement de l’opposition). « Nous irons jusqu’au bout pour que cette loi soit réexaminée et votée par l’Assemblée avant la Présidentielle de 2015. Nous ne baisserons pas les bras », a de son côté affirmé à l’AFP Gerry Taama, de la Coalition Arc-en-ciel, l’autre grande formation d’opposition togolaise.

Porté au pouvoir par l’armée à la mort de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui a gouverné le pays d’une main de fer pendant 38 ans, Faure Gnassingbé a remporté en 2005 et 2010 des scrutins présidentiels dont les résultats ont été contestés par l’opposition.