Togo : 7 morts et plus de 150 blessés dans des heurts préélectoraux

Sept Togolais sont morts et plus de 150 autres ont été blessés, samedi à Lomé, lors de heurts opposant des militants de l’opposition à des supporters du Rassemblement du peuple togolais, parti au pouvoir. Les deux camps se rejettent la responsabilité des violents débordements.

Sept morts et plus de 150 blessés. C’est le lourd bilan des affrontements qui se sont produits samedi soir dans les rues de Lomé. Les violences ont opposé des militants de la coalition de l’opposition aux partisans du Rassemblement du peuple togolais (RPT, parti au pouvoir). A qui la faute ? D’un côté comme de l’autre, on se rejette la responsabilité des débordements les plus graves depuis le début de la campagne pour l’élection présidentielle du 24 avril prochain.

Bilan des heurts : « Une association proche du régime, le Mouvement togolais de défense des libertés et des droits de l’Homme, a assuré dimanche que six personnes avaient été tuées et plus de cent blessées parmi les membres du RPT. Le coordinateur de la coalition de l’opposition, Me Yawovi Agboyibo, a, de son côté, annoncé qu’un militant de l’opposition avait été tué et 55 autres blessés », rapporte l’Agence France Presse.

A qui la faute ?

Difficile de déterminer qui a mis le feu aux poudres. Un communiqué des Jeunes du RPT indique : « La caravane pacifique organisée dans une ambiance de fête […] a été sauvagement agressée par une horde de jeunes hommes aux têtes cintrées de foulards à l’effigie de l’Union des forces du changement (UFC, principal parti d’opposition dirigé par Gilchrist Olympio, en exil en France, ndlr). » Le porte-parole du gouvernement, Pitang Tchalla, pointe aussi du doigt l’opposition, qu’il soupçonne d’ainsi comploter contre la tenue du scrutin présidentiel à la date prévue.

La coalition de l’opposition, composée de six partis dits de l’opposition radicale, blâme de son côté les JRPT qui ont, selon elle, « provoqué et agressé » les siens au sortir d’un meeting du leader de l’UFC, spécialement venu encourager Bob Akitani, le candidat à la présidence du contre-pouvoir. Une chose semble sûre, le climat est peu propice au déroulement d’élections sereines.