Tocsin pour la francophonie

La ministre française de la Culture et de la Communication, Catherine Tasca, a fait vendredi 23 juin 2000, lors de l’émission  » Bouillon de Culture « , sur la chaîne France 2, une déclaration importante, qui marque une véritable prise de conscience, attendue, des enjeux nouveaux de la Francophonie à l’ère du numérique et de la mondialisation des réseaux d’information.

La ministre française de la Culture et de la Communication, Catherine Tasca, a fait vendredi 23 juin 2000, lors de l’émission  » Bouillon de Culture « , sur la chaîne France 2, une déclaration importante, qui marque une véritable prise de conscience, attendue, des enjeux nouveaux de la Francophonie à l’ère du numérique et de la mondialisation des réseaux d’information.

Qu’a-t-elle dit ? Que la Francophonie  » ressemble à un jardin à l’abandon « , et que cet abandon relève  » d’une inconscience et d’une légèreté  » de la France. Comme le souligna justement la Ministre,  » il faut faire face à beaucoup d’urgences et de priorités, mais le partage de la langue, on l’a dans la main, sur les cinq continents…  » Et il est absurde de laisser inexploité ce qui peut être un atout majeur pour l’ensemble du monde francophone.

Car une langue commune, c’est le moyen de se comprendre par delà les frontières, les différences et les distances, c’est un ensemble de références partagées, une manière de penser avec les mêmes outils, et une ressemblance intime… Or les valeurs dont le français est porteur sont aujourd’hui bien différentes de ce qu’elles furent dans le passé :  » le partage de la langue n’est plus un instrument d’oppression… En ce moment, il peut se vivre dans l’égalité.  » Mieux : le français apparaît de plus en plus comme l’instrument d’une alternative à la culture hégémonique que constitue l’anglais international.  » Que les gens s’alignent si facilement sur la domination de la langue anglaise, c’est une espèce d’automutilation incroyable  » a ainsi déclaré Catherine Tasca. Beaucoup de pays « pour avoir leur part d’indépendance, ont besoin de rester reliés à cet univers francophone « . Et la Ministre de constater :  » Là-dessus, nous sommes très très loin de ce qu’il faudrait faire.  »

La bonne nouvelle, c’est que cette prise de conscience au plus haut niveau devrait permettre de relancer la politique française en faveur de la Francophonie, depuis plusieurs années bien timide. L’enjeu est historique : le développement du Web francophone, pour lequel Afrik.com s’est délibérément engagé, doit permettre d’y répondre.