Terrorisme : y a-t-il un risque d’attentats au Bénin ?

Le ministère français des Affaires étrangères a publié samedi sur son site internet que le Bénin est devenu un pays à risques d’attentats terroristes et d’enlèvements. Cette information a été aussitôt démentie par les autorités béninoises en demandant plus de renseignements à la France à travers un communiqué.

(De notre correspondant)

Tout est parti d’un communiqué publié sur le site internet du Quai d’Orsay. Paris interdit aux ressortissants français de circuler la nuit au Bénin et leur déconseille de séjourner dans la zone du parc W ainsi qu’à la frontière avec le Nigeria.

« Il est formellement déconseillé de circuler de nuit et il est déconseillé sauf raison impérative de séjourner dans la zone comprise entre la route nationale inter-Etats (RNIE) n°2 et la frontière nigériane de Tchaourou à Malanville et dans le parc national du W », souligne le communiqué. En clair, il y a un risque d’attentat et d’enlèvement à cause de l’engagement du Bénin dans la guerre au Mali. Les autorités béninoises s’indignent.

« Le gouvernement dément formellement ces allégations dénuées de tout fondement qui créent une psychose artificielle dans l’opinion publique nationale et internationale autour d’un pays pourtant reconnu pour sa stabilité et le bon fonctionnement de ses institutions démocratiques », rétorque Nassirou Bako Arifari, le ministre béninois des Affaires étrangères.

Pays touristique !

La mèche aurait été allumée par des touristes français qui se trouvaient dans les environs de la réserve de biosphère W ; un parc commun au Bénin, au Burkina Faso et au Niger. Le Bénin, une destination 100% nature dispose aussi d’un second parc, celui de la Pendjari. Le tourisme est donc important pour la santé économique du pays.

« Le tourisme pour nous est comme le deuxième poumon de l’économie béninoise. C’est pourquoi des dispositifs sécuritaires sont mis en place depuis des lustres afin de permettre aux touristes de circuler librement et en toute quiétude », relève Benoît Dègla, le ministre béninois de la Sécurité publique.

Vu les effets néfastes que pourraient engendrer une alerte à la bombe ou un risque d’enlèvement, le patron de la sécurité nationale au Bénin se veut rassurant.

« Nous appelons les Béninois et les ressortissants étrangers au calme. Toutes les zones mentionnées dans le communiqué du Quai d’Orsay sont quadrillées par les forces de l’ordre », martèle Benoît Dègla. Son collègue des Affaires étrangères souhaite, par ailleurs, que la France renseigne davantage le Bénin sur les risques d’attentat ou d’enlèvement. Le gouvernement veut de plus amples éclaircissements sur ces informations.