Terrorisme : la France menacée

Grosse frayeur à Paris. Cinq bâtons de dynamite ont été retrouvés, mardi, dans le magasin Printemps-Haussman. Un groupe jusque là inconnu, le Front révolutionnaire afghan, revendique cette tentative d’attentat et demande à l’Hexagone de retirer ses troupes en Afghanistan. La menace est prise très au sérieux au ministère de l’Intérieur.

Moment de panique à Paris. Mardi en fin de matinée, les clients du grand magasin parisien Printemps-Haussmann sont évacués d’urgence. Cinq bâtons d’explosifs sont placés dans les toilettes Homme du magasin. L’information a été fournie dans une lettre de revendication envoyée à l’Agence française de presse (AFP) le matin même. La police trouvera ces bâtons de dynamite sans le système de mis à feu, à l’endroit précis indiqué dans la revendication. Les auteurs de cette tentative d’attentat se prétendent du Front révolutionnaire afghan (FRA). Ce groupe exige de Paris le retrait de ses troupes d’Afghanistan d’ici la fin février 2009. Sinon, elle menace de frapper.

« La France ne cèdera pas »

Le Front révolutionnaire afghan était jusque-là inconnu. Même des services de renseignements généraux français. La piste d’un réseau islamiste, privilégié au départ, semble peu probable, la phraséologie, la dialectique utilisée par ce groupe n’étant pas celle des mouvements terroristes islamistes, indique ce matin le ministre de la défense, Hervé Morin.

Mais la menace est prise très au sérieux. « La menace terroriste sur la France est forte », mais la France n’y « cédera pas », a déclaré mardi François Fillon. Au ministère de l’Intérieur, les « investigations se poursuivent pour déterminer qui est à l’origine du dépôt de ces explosifs », assure Michèle Alliot-Marie. Elle organise ce mercredi, une rencontre avec les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie, le préfet de police, les responsables des services de renseignement, des représentants de la RATP, de la SNCF, des Aéroports de Paris et des grands magasins. La ministre de l’Intérieur a annoncé un « renforcement » des effectifs de sécurisation à Paris et dans les grandes villes de province.

Quelques 2 800 soldats français sont actuellement déployés en Afghanistan, sous le commandement de l’OTAN, dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité.