Terrorisme en Tunisie : questions autour d’une décapitation

Alors que le groupe Etat islamique a revendiqué l’assassinat d’un jeune berger, affirmant qu’il était un informateur du gouvernement tunisien, la Tunisie a assuré, ce lundi que le jeune berger décapité n’était pas une taupe des forces de l’ordre.

Qui était réellement le jeune Tunisien décapité par l’Etat islamique ? Un simple berger ou un informateur des forces de sécurité tunisiennes comme l’affirment les terroristes ? Toutefois, la Tunisie a assuré, ce lundi que le jeune berger décapité par des djihadistes n’avait pas servi d’informateur aux forces de l’ordre. Ce qui n’est pas l’avis des terroristes.

Dans un communiqué repris par Le Parisien, le ministère tunisien de la Défense a déclaré que « le martyr n’a été employé par aucune partie militaire ou sécuritaire, et les sommes d’argent (mentionnées dans la vidéo de revendication publiée dimanche) ne lui ont pas été remises ».

Mabrouk Soltani a été tué le 13 novembre sur le mont Mghilla, dans le centre-ouest de la Tunisie. Sa décapitation a été revendiqué par un groupe terroriste se présentant comme Jund al-Khilafa au nom de l’Etat islamique. Le jeune homme, qui n’était âgé que de 16 ans, est accusé d’avoir collaboré avec les forces de l’ordre tunisiennes pour les informer des mouvements des terroristes dans la zone.

Pour le ministère. la vidéo vise à « tenter de justifier ce crime atroce et à démontrer la loyauté du groupe qui l’a commis envers l’organisation terroriste dont il a adopté les idées, ainsi qu’à prendre part à la campagne médiatique mondiale visant à montrer à quel point cette organisation peut être sanguinaire », précisant que ce qui a été présenté dans la vidéo comme les aveux du jeune berger « sont des propos (…) qu’on l’a obligé à dire sous la menace d’une arme ».

Pour sa part, le Premier ministre tunisien Habib Essid avait déjà assuré que le jeune berger n’avait rien à voir avec les forces de l’ordre, précisant qu’il avait été tué pour ne pas avoir voulu remettre ses bêtes aux jihadistes. Mais les terroristes sont formels : il s’agissait un informateur pris au piège. Informateur ou simple berger ? Des questions qui demeurent entières.