
Les Douanes sénégalaises ont annoncé l’interception de 1 590 pilules d’ecstasy cachées dans la prothèse de jambe d’un voyageur à la frontière de Karang. Cette saisie intervient au moment où la lutte contre le trafic de stupéfiants est renforcée. L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) souligne une évolution des réseaux criminels en Afrique de l’Ouest et du Centre.
A Dakar,
Les services des Douanes du Sénégal ont procédé à une nouvelle saisie de drogue à la frontière de Karang, dans la région de Fatick. L’opération a été menée dans la nuit du 12 juillet 2026 par les agents de la Brigade commerciale des Douanes de Karang, qui ont découvert 1 590 pilules d’ecstasy dissimulées dans la prothèse de jambe d’un homme en situation de handicap moteur.
Une méthode de dissimulation inhabituelle
Selon les informations communiquées par l’administration douanière, le suspect circulait à bord d’un véhicule de transport en commun en provenance d’un pays voisin. Lors du contrôle, les agents ont inspecté sa prothèse et y ont découvert les comprimés soigneusement cachés. Le voyageur a été placé en garde à vue et devrait être présenté devant le Tribunal de grande instance de Fatick.
Les Douanes indiquent que cette affaire met en évidence les procédés employés par les trafiquants pour tenter de franchir les postes de contrôle. La cache aménagée dans une prothèse constitue un mode de dissimulation rarement signalé dans les opérations menées aux frontières sénégalaises. Cette saisie s’inscrit dans la stratégie de lutte contre le trafic de stupéfiants conduite par les services douaniers.
L’ONUDC alerte sur l’évolution du trafic régional
Les autorités poursuivent leurs opérations de contrôle sur les principaux axes routiers reliant le Sénégal aux pays limitrophes afin de détecter les cargaisons de produits illicites. Quelques semaines auparavant, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) avait présenté à Dakar son rapport régional 2026 consacré à l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Le document souligne que la région n’est plus uniquement un espace de transit, mais qu’elle occupe désormais une place croissante dans les circuits internationaux des stupéfiants. Le rapport relève que les itinéraires empruntés par les organisations criminelles évoluent en permanence. Face au renforcement des contrôles sur certaines routes traditionnelles, les réseaux déplacent leurs activités vers de nouveaux corridors reliant les pays du golfe de Guinée et de l’Afrique centrale.
Les drogues de synthèse en progression
L’ONUDC signale également une diversification des substances présentes sur les marchés illicites. Si le cannabis demeure la drogue la plus répandue dans la région, les drogues de synthèse, dont l’ecstasy, occupent une place de plus en plus importante. L’organisation fait également état de la présence de nouvelles substances comme le kush dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.
Les autorités observent par ailleurs une multiplication des laboratoires clandestins destinés à la fabrication ou à la transformation de drogues, notamment au Nigeria ainsi que dans d’autres États de la région. Les opérations menées par les forces de sécurité sénégalaises se sont intensifiées ces dernières années.
Le Sénégal multiplie les saisies
En avril 2024, les Douanes avaient réalisé la plus importante saisie terrestre de cocaïne enregistrée dans le pays, avec plus d’une tonne découverte dans le double fond d’un camion frigorifique à Kidira, dans la région de Tambacounda. D’autres opérations d’envergure ont également été recensées. En 2022, 300 kilogrammes de cocaïne avaient été interceptés dans un camion frigorifique en provenance du Mali.
En novembre 2023, près de trois tonnes de cocaïne avaient été saisies à bord d’un navire arraisonné au large des côtes sénégalaises. Les autorités rappellent que la position géographique du Sénégal, frontalier de la Gambie, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, de la Mauritanie et du Mali, en fait un point de passage stratégique pour les trafics transfrontaliers.




