ONUDC : l’Afrique de l’Ouest et du Centre devient un nouveau foyer de production de drogues


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De la drogue
De la drogue

L’Afrique de l’Ouest et du Centre connaît une évolution marquée de son paysage des drogues, selon le rapport régional 2026 de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), présenté vendredi 26 juin à Dakar. Le document met en évidence une transformation des routes du trafic, l’apparition de sites de production dans plusieurs pays de la région et la progression de nouvelles drogues de synthèse, qui viennent s’ajouter aux substances déjà présentes sur les marchés illicites.

L’ONUDC indique que l’Afrique de l’Ouest et du Centre ne joue plus uniquement un rôle de zone de transit dans le commerce mondial des stupéfiants. Le rapport souligne que la région s’impose progressivement comme un espace de production, tandis que les itinéraires empruntés par les réseaux criminels continuent d’évoluer. Cette analyse a été rendue publique lors de la présentation du rapport régional 2026 organisée à Dakar.

Des routes du trafic en pleine évolution

Selon l’organisation onusienne, cette évolution intervient dans un contexte d’augmentation de la production mondiale de cocaïne. Face au renforcement des contrôles sur certaines routes historiques, les groupes criminels réorganisent leurs circuits de transport. L’objectif étant de contourner les points de surveillance les plus connus. Cette adaptation entraîne un déplacement progressif des flux de stupéfiants vers de nouveaux axes en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Le rapport relève que les principales voies de passage de la cocaïne ne se concentrent plus uniquement sur les pays situés à l’extrémité occidentale du continent, notamment le Sénégal et le Cap-Vert. Les flux s’étendent désormais vers les États du golfe de Guinée avant de gagner progressivement l’Afrique centrale. Cette évolution s’accompagne d’une augmentation des saisies réalisées par des pays qui étaient jusqu’ici moins exposés à ce type de trafic.

Une région désormais impliquée dans la production

L’ONUDC cite notamment le Cameroun, où une saisie d’une tonne de cocaïne a été enregistrée en février 2026. Selon l’organisation, cette opération illustre l’importance croissante prise par ces nouveaux corridors dans les circuits internationaux de la drogue. Les données recueillies montrent également une progression des volumes de drogues interceptés dans plusieurs pays de la région.

Pour l’ONUDC, cette tendance reflète à la fois l’intensification des activités des réseaux criminels et le renforcement des opérations menées par les services chargés de la lutte contre le trafic de stupéfiants. Le rapport met également en évidence un changement dans le rôle joué par l’Afrique de l’Ouest et du Centre au sein de la chaîne mondiale d’approvisionnement en drogues. Outre le transit, plusieurs pays accueillent désormais des installations destinées à la fabrication de substances illicites.

Les drogues de synthèse gagnent du terrain

Au Nigeria, les autorités ont procédé cette année au démantèlement de deux laboratoires de méthamphétamine. L’ONUDC souligne que ces installations témoignent d’une activité de production locale destinée à alimenter différents marchés. Le document mentionne également la découverte et le démantèlement de laboratoires liés à la cocaïne dans plusieurs États, notamment au Sénégal et au Niger.

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Selon l’organisation, ces opérations confirment que certaines étapes de transformation des stupéfiants sont désormais réalisées directement dans la région, modifiant ainsi son positionnement dans les circuits internationaux du trafic. Si le cannabis demeure la substance la plus consommée et la plus fréquemment saisie en Afrique de l’Ouest et du Centre, l’ONUDC observe une progression des drogues de synthèse.

Des défis pour la détection et la prise en charge

Le rapport fait état d’une diversification des substances disponibles sur les marchés illicites ainsi que de nouveaux modes de consommation. Parmi les produits identifiés figure le kush, un mélange de matières végétales et de cannabinoïdes de synthèse. Cette substance est particulièrement présente en Sierra Leone et au Liberia, où les autorités sanitaires et sécuritaires suivent de près son évolution.

L’ONUDC signale également une augmentation des signalements concernant la consommation d’ecstasy. Selon les informations recueillies auprès d’associations intervenant dans le domaine des addictions, cette substance est désormais davantage observée dans plusieurs pays de la région, traduisant une diversification du marché des drogues. Le rapport souligne que l’évolution des substances consommées complique le travail des autorités chargées de la lutte contre les stupéfiants.

Transformation du paysage des drogues en Afrique

Les nouvelles drogues de synthèse présentent souvent des compositions variables, rendant leur identification plus difficile lors des contrôles.L’ONUDC indique également que certains usages restent peu visibles et échappent encore en partie aux dispositifs de surveillance. Cette situation complique non seulement les opérations de détection. Mais aussi la prise en charge des personnes souffrant de dépendance, les effets de certaines nouvelles substances étant encore insuffisamment documentés.

À travers son rapport régional 2026, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime met ainsi en évidence une transformation du paysage des drogues en Afrique de l’Ouest et du Centre. L’organisation constate une évolution des dynamiques criminelles dans une région qui occupe désormais une place plus importante dans les circuits mondiaux des stupéfiants.

Alioune Diop
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
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