Tensions entre N’Djaména et Bangui

Les relations entre le Tchad et la Centrafrique se sont de nouveau tendues ces derniers jours, après l’incursion des forces de N’Djaména dans le territoire centrafricain.  » Droit de poursuite « , revendique N’Djaména,  » violation du territoire « , rétorque Bangui.

Plus de 20 morts. Rien ne va plus entre le Tchad et la République centrafricaine. Lundi dernier, des troupes tchadiennes ont pénétré jusqu’à 15 km à l’intérieur du territoire centrafricain. A partir de là, les scénarios divergent. Pour le président tchadien, Idriss Deby, l’armée tchadienne n’a fait qu’exercer son  » droit de poursuite « . Selon lui, des  » mercenaires  » auraient attaqué, depuis la Centrafrique, Sido, ville à l’extrême sud du Tchad.  » L’armée tchadienne a répondu à cette attaque et elle a usé de son droit de poursuite en pénétrant à 15 km à l’intérieur de la RCA. Ce sont des mercenaires recrutés sur le tas, obéissant à un homme, à l’ordre d’un homme, qui sont venus attaquer la ville de Sido (extrême sud du Tchad) », a précisé à l’Afp le président tchadien, sans citer de nom.

L’énigme Abdoulaye Miskine

Bangui ne décolère pas et accuse N’Ddjaména d’expansionnisme.  » Le gouvernement tchadien qui cache de moins en moins son intention d’envahir le territoire centrafricain afin de faire main-basse sur les zones pétrolifères du Nord de la RCA, fait une fixation sur Abdoulaye Miskine et en tire prétexte pour violer le territoire centrafricain. Les troupes tchadiennes n’en sont pas à leur première incursion « , affirme une source centrafricaine.

Abdoulaye Meskine. Le gouvernement tchadien ne digère pas que Bangui ait intégré dans ses rangs d’anciens rebelles tchadiens. Et surtout d’avoir nommé Abdoulaye Meskine, l’ex-chef des rebelles, officier en charge de la sécurisation de la frontière tchado-centrafricaine. Et à Bangui de rappeler à son voisin  » belliqueux  » qu’il a, lui aussi, donné asile à l’ancien chef d’état-major de l’armée centrafricaine, le général François Bozizé, accusé de tentative de coup d’Etat. La normalisation des relations entre les deux pays, après des débuts timides en avril dernier, semble compromise.

Lire aussi :

Bangui opte pour l’apaisement.