Témoignage : La beauté de l’expérience afrovnézuélienne

Mon nom est Pandora Thomas et je suis née aux Etats-Unis. Je suis descendante d’afroaméricain et d’indo américain. J’ai été bénie d’avoir obtenu une bonne éducation aux Etats-Unis, j’ai appris diverses choses sur les expériences de mes sœurs africaines et des soeurs indigènes du monde entier. Cependant, j’ai dû sortir de l’école pour obtenir la plus grande partie de l’information, et ce fut ainsi pour mon apprentissage au sujet de la beauté de l’expérience afrovénézuélienne.

Lorsque je suis arrivée ici, en janvier pour le Forum Social Mondial, tout ce que je savais du Venezuela tournait principalement autour de Chavez. J’avais également appris que son ascendance était africaine et indigène.

Mais j’avais appris TRÈS PEU concernant le fait que le Venezuela est un pays ayant une population noire et à la peau brune qui se sont battus pour le changement aussi longtemps qu’ils ont été opprimés.

J’ai été surpris qu’à mon arrivée à l’aéroport tout le monde assuma que j’étais vénézuélienne, ni plus ni moins. Je me suis alors imaginée que les vénézuéliens étaient blancs, comme les demoiselles ayant remporté le concours Miss Univers ou comme les rares vénézuéliennes que j’avais connu aux Etats-unis, qui pouvaient voyager et émigrer aux Etats-Unis. J’ai encore été plus étonnée lorsque pendant mon voyage vers Caracas , je suis passée par les villages comme la Guaira, Catia la Mar, entre autres, car tout ce que j’ai vu, c’étaient des noirs et des personnes à la peau brune. À travers ce que j’avais appris (évidemment hors de l’école), sur le Brésil et la Colombie je savais que ces pays ont les communautés afro les plus importantes d’Amérique Latine, mais je n’avais pas la moindre idée que le Venezuela avait la troisième communauté afro la plus importante d’Amérique du Sud.

J’ai appris sur l’histoire du Venezuela et la contribution des afrodescendants et des indigènes à son histoire. Comme c’est le cas aux Etats-Unis, la plus grande partie de cette histoire a délibérément été exclue des livres d’histoire par les tenants de la pensée eurocentriste raciste. Nous nous sommes battus pour récupérer notre histoire aux Etats-Unis durant de nombreuses années, comme les communautés afrovénézuéliennes sont en train de le faire.

Ce qui m’a stupéfié c’est que la majorité des gens ici essaie me dire qu’il n y a pas de racisme, mais plutôt du classisme, que le Venezuela est un pays trop métissé pour avoir des problèmes raciaux.

Dans mon contact avec les gens impliqués dans la lutte contre la discrimination au Venezuela, je vois que le racisme existe ici. Je vis actuellement à Altamira et ce n’est pas difficile de constater que dans les endroits les plus aisés de Caracas, les personnes (y vivant) ont un teint beaucoup plus clair. Très couvent, quand je vais faire les courses, je me rend compte que je suis la seule personne à la peau sombre qui ne travaille pas dans l’établissement.

Je ne dis pas que ce racisme est exactement le même que celui présent aux Etats-Unis, nous avons beaucoup de différences, mais il existe une connexion définie entre la pauvreté et la peau sombre.

J’ai également appris au sujet de l’idée de l’endoracisme et combien il est ancré au Venezuela. Je peux en constater l’évidence lorsque que je vois autant de femmes qui se défrisent les cheveux et ce qu’on définit comme les “bons” cheveux.

J’ai entendu les témoignages de personnes qui n’apprécient pas leurs caractéristiques d’afrodescendants. J’ai cependant été inspirée quand j’ai entendu les histoires de certaines auxquelles il a été interdit de porter leurs cheveux naturels en tresses et qui se sont rebellées contre cette règle.

Ce fut encourageant pour moi de voir que quelque soit l’endroit ou nous les afrodescendants nous trouvons, nous combattons contre les effets de notre déracinement de notre terre, dépossédés d’une grande partie de notre culture et de notre langue, nous sommes capables de récupérer notre identité, notre beauté et nos âmes. C’est beau pour moi d’être venu ici et de voir que dans de nombreuses communautés, il y a des mets et des musiques provenant directement de l’Afrique. C’est plus difficile à voir aux Etats-Unis, mais si évident ici.

J’espère revenir pour en apprendre plus en ce qui concerne les problèmes environnementaux auxquelles les communautés afrovénézuéliennes font face. Je voudrais remercier tous ceux qui ont partagé une partie de leur temps avec moi et m’ont appris de nombreuses choses autour de leur histoire.