Telkom n’investira pas dans un satellite panafricain

Le plus gros opérateur d’Afrique du Sud a décidé de ne pas participer au programme panafricain de télécommunications par satellite. Du coup, c’est l’espoir d’une autosuffisance technologique qui s’éloigne pour l’Afrique.

Désolé, c’est trop cher. Telle est en substance la réponse du géant des télécommunications sud-africain, Telkom, aux représentants de l’Organisation africaine pour les télécommunications par satellite (Rascom). Une -très- désagréable surprise pour ces derniers. Ils n’imaginaient pas le plus gros opérateur du Continent absent d’un projet symbole qui avait fait l’objet d’un traitement spécifique lors des dernières rencontres de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). La déception est d’autant plus importante que le projet avait été relancé en août avec le retour du Nigeria dans le peloton des pays investisseurs.

Selon toute vraisemblance, la décision a été prise au terme de longues discussions internes. La direction de Telkom  » n’avait pas de position claire jusqu’à hier « , a reconnu la porte-parole de l’opérateur, Brenda Madumise, citée par le quotidien The Business Day.

Au siège de Pretoria l’on admet également  » qu’il a fallu adopter une position dans un temps très court « , sans pour autant révéler le montant de l’engagement prévu.

Recherche opérateur désespérément

Il ne faut pas croire que Telkom tourne totalement le dos à ce projet de satellite panafricain. Depuis la naissance de Rascom, Telkom détient 3, 8% des parts et reste signataire de l’accord fondateur au nom de l’Etat sud-africain. Mais l’opérateur ne veut pas investir dans ce système, arguant qu’il a déjà énormément déboursé dans les infrastructures de télécommunications panafricaines, avec le câble sous-marin reliant l’Afrique à l’Asie et l’Europe et qu’il doit honorer ses obligations concernant le branchement des collectivités locales en zones rurales.

Rascom n’a plus que trois mois pour convaincre un autre opérateur sud-africain, s’il veut toucher les 40 millions de dollars promis par l’Etat sud-africain. Quarante-quatre gouvernements du Continent se sont engagés à financer un projet évalué à 450 millions de dollars. Mais seule la moitié de l’investissement serait déjà assuré.