Tcherno Balde se lance dans le recrutement en ligne

Tcherno Balde, un jeune ingénieur informaticien de 27 ans, a organisé vendredi 29 février son premier salon de recrutement en ligne. Ce guinéo-sénégalais s’est inspiré des salons qui existent déjà en Afrique, mais y ajoute sa touche personnelle. Comme sur le site qu’il a créé pour développer son projet, les entretiens se déroulent sous l’œil d’une webcam. Portrait croisé d’un projet novateur et de son concepteur.

Pour organiser un « salon de recrutement en ligne », Tcherno Balde, ingénieur informaticien, a créé il y a quinze jours le site Internet Waliijob. Le site, comme le salon, permet de mettre en relation des entreprises présentes en Afrique et des candidats au recrutement du monde entier. Son premier salon s’est déroulé avec succès vendredi 29 février. Les résultats obtenus incitent l’ingénieur à réitérer son exploit dans deux mois seulement ! A 27 ans, cet homme d’origine guinéo-sénégalaise ne manque ni d’idées, ni d’initiatives ! Il a répondu aux questions d’Afrik.com.

Afrik.com : Pouvez-vous nous parler de votre site de recrutement ?

Tcherno Balde :
Déjà, il faut préciser que le site a été créé en vue d’organiser le salon quinze jours plus tard. Il se propose de mettre en contact des entreprises présentes en Afrique et des candidats à l’embauche qui peuvent y déposer leur CV et répondre à des annonces. Il permet aussi, si une entreprise est intéressée par un candidat, de les mettre en relation pour qu’ils puissent discuter via le net. Pour moi, c’était la partie la moins intéressante du projet, du point de vue technique, parce qu’il n’y avait pas là de challenge à relever. Encore une fois, la création de ce site n’était que le point de départ de l’organisation de mon premier salon de recrutement en ligne.

Afrik.com : Pouvez-vous expliquez ce qu’est un « salon de recrutement en ligne » ?

Tcherno Balde :
Un salon de recrutement en ligne permet à des entreprises qui recrutent et à des candidats à l’embauche de s’entretenir en direct pendant une journée par exemple, via internet, où qu’ils se trouvent dans le monde. Ce type de salon existe déjà en Afrique, mais la nouveauté de celui qui s’est tenu vendredi tient au fait que les entretiens pouvaient se faire par webcam !

Afrik.com : Comment vous est venue l’idée de créer ce salon ?

Tcherno Balde :
Comme souvent, l’idée est venue d’un besoin personnel. A un moment, j’ai envisagé mon retour en Afrique. J’ai alors été confronté à la difficulté de trouver un emploi à partir de la France. Des salons de recrutement en ligne se déroulent déjà en Afrique, mais les personnes qui résident en Europe n’ont pas toujours la possibilité d’y participer. Pour les mêmes raisons logistiques, certaines entreprises Africaines ne peuvent pas participer à des salons de recrutement organisés en Europe. De ce constat est venue l’idée de créer un salon en ligne qui puisse permettre aux candidats et aux entreprises situés dans le monde entier de participer.

Afrik.com : Comment vous y êtes-vous pris ?

Tcherno Balde :
Une fois ce site créé, il s’agissait de faire connaître l’évènement et de s’assurer de la présence des entreprises et des candidats à l’évènement. Seules des entreprises présentes en Afrique et ayant des besoins de recrutement ont été contactées. Nous leur avons exposé le projet, qui a d’ailleurs, dans l’ensemble, été très bien accueilli. Pour les candidats, je me suis mis en relation avec un certain nombre d’associations. Nous avons également mené une campagne de communication à la radio : sur RFI et Africa N°1, et sur internet via Grioo et Afrik.com.

Afrik.com : Avez-vous rencontré des difficultés pendant la réalisation de votre projet ?

Tcherno Balde :
Nous avons rencontré des difficultés liées à l’aspect novateur de l’évènement : lorsque l’on évoque l’Afrique et l’informatique, c’est habituellement pour parler de la fracture numérique. Or, mon initiative va dans le sens opposé ! Certains se sont demandé si l’Afrique était prête pour ce type d’évènements. Ces doutes ont été levés par la réussite de cette première tentative !

Afrik.com : Le bilan de ce premier salon est donc satisfaisant ?

Tcherno Balde :
Les sept entreprises qui ont participé viennent de secteurs variés : bancaire (Ecobank, Banque Mondiale), transport maritime (CMA-CGM), minier (BHP Billiton), télécommunications (Intercel) ou encore de l’audit (Deloitte, Mazars). Elles ont été très satisfaites. Cela leur a permis d’entrer en contact avec des candidats venus du monde entier ! 300 personnes de niveau bac+4 ou bac+5 ont tenté leur chance d’obtenir soit un stage, soit un emploi ! Malheureusement, le nombre restreint des entreprises participantes n’a pas permis à tous les candidats d’obtenir un entretien. Je n’ai pas encore les données chiffrées, j’attends que les entreprises me les communiquent dans les prochains jours mais, ce que je peux vous dire, c’est que certaines candidatures ont été retenues ! C’est sans doute notre meilleure récompense !

Afrik.com : Vous avez d’autres projets ?

Tcherno Balde :
Je travaille déjà à l’organisation d’un prochain salon qui comptera plus d’entreprises. Il devrait avoir lieu dans deux mois seulement. A terme, j’espère pouvoir organiser un salon tous les deux mois, autour de thématiques, par pays ou par secteurs d’activités, par exemple. Si vous imaginez le nombre de thématiques à développer, six salons par an, ce ne sera pas trop !

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