Tchad: un fils du président Déby en garde à vue

Selon RFI, un des fils du chef de l’Etat tchadien Idriss Déby était en garde à vue au commissariat central de N’Djamena avec trois autres membres de la famille présidentielle, mardi 28 septembre. Ils seraient soupçonnés d’être impliqués dans une attaque contre Mahamat Zène, l’un des gendres du président.

L’information est explosive. RFI nous apprend « qu’au moins » un des fils du président était en garde à vue mardi à N’Djamena et que trois autres « membres de la famille présidentielle » auraient aussi été interpellés. Une enquête a effectivement été ouverte par la justice tchadienne mais seul l’interrogatoire d’un des fils Déby Itno par la police a été confirmé.

L’histoire aurait commencé avec l’agression de Mahamat Zène, riche homme d’affaires qui vient d’épouser l’une des filles du président tchadien. L’agression se serait déroulée mardi 21 septembre, quand un homme aurait attaqué le 4×4 dans lequel roulait le gendre d’Idriss Déby.
L’agresseur aurait échoué dans son forfait et aurait été rapidement arrêté. C’est interrogé par la police qu’il aurait incriminé un des fils du chef de l’Etat dont le nom n’a pas été divulgué. Mécontent du mariage de sa sœur avec l’homme d’affaires, ce dernier aurait voulu faire éliminer le mari.

D’habitude, dès qu’une affaire implique le clan présidentiel, le dossier est clos ou alors modifié pour que soient extirpés et mis à l’abri les « intouchables ».

C’est notamment pour cela, qu’en l’absence d’informations supplémentaires, de nombreuses interrogations demeurent. D’une part, la police s’interroge sur la réalité de cette opération : un assassinat était-il bel et bien programmé, ou était-ce plutôt une machination destinée à salir la famille d’Idriss Déby ? Est-ce que cette affaire est le fruit de rivalités internes au sein du clan ? D’autre part, on peut également se demander si ce fait divers n’est pas plutôt un effet d’annonce. En effet, le président tchadien a tout intérêt à redorer son image nationale et internationale en montrant que personne n’est au-dessus des lois. Cet événement lui permettrait ainsi de remonter sa cote de crédibilité auprès de la population avant les législatives de février 2011. Le flou le plus total est donc de mise. Affaire à suivre.