Tchad : Résurgence des combats entre l’armée et les rebelles de l’UFDD

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et ses organisations membres, la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH) et l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’Homme (ATPDH), sont extrêmement préoccupées par la résurgence des combats entre l’armée tchadienne et les rebelles de l’Union des forces pour le développement et la démocratie (UFDD) de Mahamat Nouri.

Les combats qui se sont déroulés hier aux alentours d’Abéché et des
camps de réfugiés soudanais à l’Est du Tchad, auraient fait plusieurs
dizaines de morts dans les deux parties. Ils démontrent l’ineffectivité
des accords de paix, signés le 25 octobre dernier à Syrte en Libye,
entre les rebelles et les autorités tchadiennes.

Ces combats accroissent la précarité de la situation sécuritaire à l’Est
du pays déjà mise à mal par les incursions des milices soudanaises
janjawids sur le territoire tchadien et les tensions inter-ethniques qui
font écho aux conflits au Darfour voisin, comme l’a révélé le rapport
d’une mission internationale d’enquête de la FIDH publié en octobre 2007. Par
ailleurs, ces combats aggravent la catastrophe humanitaire à l’Est du
Tchad, rendant toujours plus difficile l’acheminement de l’aide aux 230
000 réfugiés soudanais et aux 170 000 personnes déplacées présentes dans la région.

La FIDH, la LTDH et l’ATPDH demandent :

Aux parties au conflit

* d’établir immédiatement un cessez-le-feu ;
* de poursuivre leurs efforts en vue de conclure un véritable accord
de paix, conforme au droit international, y inclus l’ensemble des
belligérants;

Au gouvernement tchadien

* de faciliter le déploiement rapide de la force multidimensionnelle
et de s’engager fermement dans la lutte contre l’impunité des
auteurs des crimes les plus graves ;

A l’Union européenne

* de mettre en place dans les plus brefs délais au Tchad et en
République centrafricaine la composante européenne de la force
multidimensionnelle prévue par la Résolution 1778 (2007) du
Conseil de sécurité des Nations unies, en dotant cette force des
moyens humains et logistiques adéquats à la protection des
populations civiles, notamment des personnes réfugiées et déplacées ;

A la communauté internationale

* de fournir dans les plus brefs délais les ressources humaines et
budgétaires nécessaires à la Mission de maintien de la paix des
Nations unies, la MINURCAT, pour la mise en oeuvre de son mandat,
notamment son volet droits de l’Homme et État de droit, en
coopération avec les organisations locales indépendantes de
défense des droits de l’Homme.