Tchad : les rebelles de l’UFDD reprennent les attaques

Les rebelles tchadiens de l’Union des forces pour la démocratie et le développement ont mené une attaque contre le gouvernement, samedi, au Nord-Est de N’Djamena. Cette offensive est la première depuis que le mouvement a suspendu, courant décembre, ses opérations. Selon un responsable de l’UFDD en France, d’autres assauts devraient suivre dans les prochains jours.

L’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) repart en guerre contre le gouvernement tchadien. Samedi, à l’aube, le mouvement rebelle a pris le contrôle de la localité d’Ounianga Kébir, située à plus de 900 km au Nord-Est de N’Djamena. « Les troupes de l’UFDD ont chassé les troupes gouvernementales tchadiennes de la garnison de Ounianga Kébir, dans la région de l’Ennedi (extrême Nord-Est), après de durs combats », indique dans un communiqué le vice-président de l’UFDD.

Acheikh Ibn Oumar explique que l’attaque a causé de « lourdes pertes » chez les soldats de l’armée nationale tchadienne (ANT). Il rapporte 50 morts et une centaine de morts dans leurs rangs, contre deux tués et cinq blessés chez l’UFDD. Une version que conteste le ministre de la Communication dans une interview accordée à l’AFP. Hourmadji Moussa Doumgor a confirmé que « des hommes en armes » avaient occupé Ounianga Kébir pour une courte période, mais que l’ANT n’a pas pris part aux combats. Il ajoute que seuls des « douaniers » de la ville ont fui leur poste.

« D’autres attaques prévues dans les prochains jours »

L’attaque de l’UFDD est la première depuis la suspension des combats, courant décembre, contre N’Djamena. C’est aussi la première menée dans le Nord-Est du pays. D’ordinaire, les combats restaient cantonnés à l’Est du pays, près de la frontière avec le Soudan. « Les combattants avaient opéré un repli tactique, justifie Mahamat Adam Sultan, secrétaire général adjoint du bureau de l’UFDD en France, que nous avons joint par téléphone. D’autres attaques sont prévues dans les prochains jours, mais je ne peux pas vous dire si ce sera dans le Nord ou à l’Est, car cela risque de jouer sur la sécurité de nos combattants. »

Dans un communiqué, Mahamat Adam Sultan indique que « l’occupation d’Ounianga Kébir au Nord montre que le régime est désormais encerclé de tous les côtés du Tchad ». Il conclut en appelant les « tous les militants et sympathisants » à se mobiliser contre le pouvoir « tyrannique » du président Idriss Déby Itno.

 Droits photo : Al Wihda