
Le Tribunal arbitral du sport (TAS) examine, ce jeudi 8 octobre 2026 à Lausanne, le recours de la Fédération sénégalaise de football (FSF) concernant la finale de la CAN 2025. Cette procédure oppose le Sénégal à la Confédération africaine de football (CAF) et à la Fédération royale marocaine de football (FRMF), après le retrait du titre initialement remporté sur le terrain par les Lions de la Téranga. Fait notable : alors que Dakar communique publiquement sur ce dossier, Rabat a explicitement demandé le huis clos total des débats.
Un penalty contesté, un forfait prononcé par la CAF
Le contentieux trouve son origine dans la finale de la 35ème édition de la CAN, disputée au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat. À la fin du temps additionnel, l’arbitre avait accordé un penalty à la sélection marocaine. L’équipe du Sénégal avait alors quitté temporairement la pelouse en signe de protestation, avant de revenir disputer les prolongations et de remporter le match grâce à un but de Pape Gueye.
En mars suivant, les instances disciplinaires de la CAF ont sanctionné la sélection sénégalaise, déclarant le Sénégal perdant par forfait sur le score de 3 à 0 et attribuant le trophée au Maroc, pays hôte de la compétition. La FSF conteste cette annulation de sa victoire sportive et demande au TAS l’invalidation de la sanction. Le Maroc détient donc, à ce jour, un titre obtenu administrativement plutôt que sur le terrain.
Le Maroc impose le silence, le Sénégal communique
L’audience se déroule ce jeudi à 9h30 (7h30 TU) au siège du TAS, en Suisse, intégralement à huis clos. Aucune des parties n’a formulé de demande pour rendre les débats publics, mais le texte souligne que la Fédération royale marocaine de football a explicitement réitéré sa position en faveur du maintien du secret des échanges, une insistance qui distingue Rabat des autres parties à la procédure.
Cette discrétion marocaine contraste avec l’attitude sénégalaise. La ministre des Sports, Djirèye Clotilde Coly, s’est exprimée publiquement sur RFI à propos de la préparation du dossier, confirmant sa finalisation et indiquant s’en remettre à la sentence du TAS. Cette communication publique, côté sénégalais, n’a pour l’instant trouvé aucun équivalent officiel du côté marocain depuis l’ouverture de la procédure.
Un panel de trois arbitres pour trancher
La procédure est menée en français par un panel de trois arbitres, présidé par le professeur français Gérald Simon, agrégé de droit public rattaché au Centre de recherche sur le droit des marchés et des investissements internationaux (CREDIMI) de l’Université Bourgogne Europe. Il est assisté de l’Italien Luigi Fumagalli et de l’Allemand Ulrich Haas, pour une audience qui doit se prolonger sur l’ensemble de la journée de jeudi.
Les délégations sénégalaise et marocaine, ainsi que les conseils juridiques de la CAF, sont physiquement présents à Lausanne. La délégation sénégalaise, conduite par le président de la FSF, a rejoint la Suisse depuis l’aéroport Charles de Gaulle à Paris, accompagnée d’un groupe d’avocats mandatés pour l’examen du dossier devant la juridiction arbitrale helvétique.
Trois issues possibles, un verdict encore incertain
Les arbitres disposent de trois options pour trancher ce litige. La première consiste à confirmer la décision de la CAF, validant le forfait du Sénégal et le score de 3-0 en faveur du Maroc. La deuxième permettrait au TAS d’annuler cette sanction pour y substituer son propre jugement, réhabilitant ainsi le résultat obtenu sur le terrain par les Sénégalais lors des prolongations.
La troisième option consiste en une annulation pure et simple de la décision contestée, combinée à un renvoi du dossier devant les instances de la CAF, qui devrait alors statuer une seconde fois sur les événements de Rabat. Le Tribunal a indiqué qu’aucune décision ne sera communiquée à l’issue de cette audience, le verdict étant mis en délibéré à une date non précisée, prolongeant l’incertitude sur l’attribution officielle du titre 2025.





