Tanzanie : les meurtres d’albinos liés à la sorcellerie perdurent

Ces seize derniers jours, plusieurs enfants albinos ont été tués en Tanzanie. Une recrudescence de meurtres liés à la sorcellerie et aux superstitions qui perdurent dans le pays. L’Onu tire la sonnette d’alarme.

Il ne fait pas bon vivre pour les albinos en Tanzanie. Démembrés, découpés en plusieurs morceaux, les meurtres particulièrement abominables se poursuivent à leur encontre. Ces seize derniers jours, il y a eu une recrudescence d’assassinats de jeunes albinos, a dénoncé Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.

Cette dernière s’est déclarée « horrifiée par une recrudescence des attaques à leur encontre en Tanzanie, liées à la sorcellerie », rapporte Le Monde. Elle « condamne avec la plus grande fermeté ces meurtres vicieux, commis dans des circonstances particulièrement horribles avec des démembrements, y compris visant des enfants, alors que les victimes sont vivantes ».

D’après elle, pas plus tard que le 31 janvier dernier, un enfant de sept ans a été tué avant d’être découpé. Son grand-père qui tentait de la protéger a aussi été tué. Le 5 février, c’est un bébé de 7 mois qui a été attaqué. Protégé par les villageois, il a échappé à la mort. Une femme de 39 ans a elle été attaquée le 11 février pendant son sommeil par plusieurs armés qui lui ont coupé le bras gauche.

Pouvoirs magiques

De même, le 15 février, un enfant de 10 ans a été agressé sur le chemin de l’école et a vu son bras gauche découpé par deux hommes, a précisé la Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Elle a appelé les autorités tanzaniennes à protéger les albinos et traduire en justice les coupables.

Des tueries liées à des superstitions et à la sorcellerie. Dans ce pays d’Afrique de l’est, on prête en effet dans certaines régions des pouvoirs magiques aux albinos. « Les sorciers » utilisent les organes et les os des albinos dans des potions censées soi-disant porter bonheur et procurer des capacités surnaturelles à ceux qui en font usage. Ainsi par exemple, les chercheurs de diamants trouveraient des pierres précieuses alors que les pécheurs utiliseraient leurs cheveux pour appâter les poissons du lac Victoria.

Contacté par Afrik.com, Mohamadou Diop, le président de l’association des albinos du Sénégal (Albisen) estime que jusqu’à présent les hommes politiques en Afrique ignorent les albinos. Selon lui, « il est urgent qu’ils créent un cadre juridique pour l’amélioration de leurs conditions de vie ! »