Tanzanie : le nombre d’éléphants passe de 109 000 en 1976 à 13 000 en 2014

La population des éléphants en Tanzanie, massacrée par le braconnage pour l’ivoire, a diminué de deux tiers depuis 1976, a annoncé ce samedi le gouvernement.

Les éléphants de Tanzanie sont à l’agonie. La population de ces pachidermes, dévastée par le braconnage pour l’ivoire, a diminué de deux tiers depuis 1976, a indiqué le vice-ministre des Ressources naturelles et du Tourisme, Lazaro Nyalandu. En clair, « l’écosystème Selous-Mikumi comptait 109 419 éléphants en 1976, mais le nombre est tombé à présent à 13 084. C’est très grave », selon le ministre. D’après lui, ces chiffres résultent d’un recensement effectué fin 2013 dans les parcs et réserves du pays contenant les plus grandes concentrations d’éléphants. « Les résultats à Selous, Mikumi, Ruaha et Ruangwa montrent une chute de 66% de la population des éléphants entre 1976 et l’année dernière », a-t-il précisé.

Pourtant les éléphants de Tanzanie sont très importants également pour l’économie du pays. Les safaris animaliers, souvent combinés avec des séjours sur les plages tanzaniennes bordant l’océan Indien, sont une source essentielle de devises étrangères. Pour faire face au braconnage,
en octobre dernier la police et les rangers avaient lancé une grande opération contre les braconniers, au moment où les tueries d’éléphants et de rhinocéros augmentaient. Les forces de l’ordre avaient même reçu ordre de « tirer pour tuer » les braconniers, procédant à de nombreuses arrestations.

Au mois de décembre, le président tanzanien Jakaya Kikwete avait limogé quatre ministres, à la suite d’accusations selon lesquelles la campagne avait donné lieu à des meurtres, tortures et viols. Mais selon le vice-ministre des ressources naturelles et du Tourisme, l’opération aux méthodes radicales a fait nettement baisser le braconnage. D’après ce dernier, « pendant toute la durée de l’opération, seuls deux éléphants ont été tués, alors que 60 ont été massacrés entre le 1er novembre et le 28 décembre ».