Tama ou le nectar des îles

La musique de l’Océan Indien est largement méconnue en dehors de certains cercles d’initiés.  » Tama « , le deuxième album d’Anyme, nous offre l’occasion d’apprécier les plus grands rythmes de la région. Une production évocatrice, authentique et pleine de grâce pour une artiste accomplie. A découvrir.

Soyons honnête, la musique de l’Océan Indien a toujours été cantonnée dans un ghetto artistique. Qui connaît les rythmes qui font danser Réunionnais, Comoriens, Malgaches ou autres Mauriciens ? Pas grand monde. Le constat est sévère mais il n’est jamais trop tard pour lever un coin du voile. C’est ce que nous vous proposons de faire avec Tama, le deuxième album d’Anyme. Une bonne introduction pour vous mettre l’eau à la bouche.

Malgré le fait qu’elle réside aujourd’hui à Paris, l’artiste de Mayotte, fidèle à ses racines, chante en schimaoré, dérivé direct du swahili, l’une des langues les plus parlées en Afrique.  » Pour mieux exprimer mes sentiments « , nous explique-t-elle. Tama,  » espérance  » en swahili, n’est pas à ranger au rayon folklore des disquaires, comme beaucoup seraient peut être tentés de le faire. L’album est résolument contemporain. Nourrie de multiples influences, Anyme façonne une musique d’aujourd’hui aux couleurs de l’Océan Indien.

M’godro et maloya

La ligne directrice de Tama reste le m’godro, rythme traditionnel de Mayotte. Au lieu de rester engoncée dans un style, Anyme élargie sa musique pour y incorporer du maloya (l’un des courants musicaux majeurs de l’Océan Indien), comme sur  » Soubira  » ou  » Roho « . L’artiste promène une voix haut perchée qu’elle pousse sans forcer sur des productions taillées sur mesure. Et pour cause, elle est auteur, compositeur et interprète. Comme nous, vous serez peut-être plus particulièrement séduits par l’entraînant  » Mahorais » ou le paisible  » Maman « , chanté en français.

L’album n’a que huit titres mais développe une belle unité. Ni trop, ni trop peu, Tama se laisse écouter avec plaisir. Nous ne pouvons que vous inviter à y prêter une oreille curieuse. Par amour pour la musique, par envie de découverte ou tout simplement par goût.

Tama de Anyme, 2002.

Photo de la pochette.