Sud-Soudan: Vers des négociations entre gouvernement et rebelles ougandais

Le gouvernement du Sud-Soudan (GOSS) se prépare à accueillir le 12 juillet à Juba, la capitale, les négociations controversées entre l’Ouganda et les rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) .

Le projet d’organisation de ces négociations est maintenu malgré la forte opposition et les critiques des Etats-Unis, de l’Union européenne et de la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye, qui a lancé des mandats d’arrêt contre les leaders de la LRA.

Le projet de ces négociations a aussi été critiqué par les
Nations unies, qui estiment que l’Ouganda a l’obligation
d’arrêter les responsables de la LRA inculpés pour crimes de guerre.

Le vice-président sud-soudanais, Riek Machar, principal médiateur des pourparlers visant à mettre fin à 19 ans de rébellion de la LRA dans le nord de l’Ouganda, a déclaré à la presse samedi que des efforts seront faits pour maintenir les négociations aussi longtemps que les deux parties seront disposés à s’asseoir autour d’une table pour dialoguer.

Les analystes politiques à Khartoum ont déclaré que le
gouvernement autonome du Sud-Soudan a ignoré les oppositions concernant les négociations entre Kampala et la LRA pour jouer un nouveau rôle politique dans la région de l’Afrique de l’Est.

Le gouvernement du Sud Soudan s’impose comme une puissance régionale

L’ancien groupe de guérilla (l’Armée/Mouvement de libération du peuple soudanais), qui contrôle désormais le Sud-Soudan, veut montrer sa capacité à jouer un rôle décisif en tant que véritable puissance indépendante émergeante dans cette région ravagée par la guerre.

Pour mener à bien les négociations prévues, M. Machar appelle le gouvernement de Kampala et les rebelles de la LRA à être pleinement représentés au forum de Juba.

La LRA a nommé une délégation de paix de quinze membres, qui est arrivée à Juba pour ces négociations, alors que le président ougandais Yoweri Museveni a désigné vendredi une équipe de huit membres pour ces pourparlers, menée par le ministre des Affaires intérieures Ruhakana Uganda.

La LRA est tristement reconnue pour les mutilations qu’il fait subir à ses victimes et l’enlèvement des enfants qu’elle utilise comme soldats ou esclaves sexuels. Ce groupe rebelle a déstabilisé le Sud-Soudan en s’en servant comme base pour attaquer le nord de l’Ouganda.

Joseph Kony dirige depuis 1988 la rébellion violente menée dans le nord de l’Ouganda contre le gouvernement de M. Museveni, qui a fait des dizaines de milliers de victimes et plus de 1,4 millions de déplacés.

Le leader de la LRA a rencontré des officiels sud-soudanais en mai et juin pour sa première réunion connue avec des médiateurs depuis des années.