Succession de Bouteflika : Liamine Zeroual dit non à un nouveau mandat présidentiel

La déclaration de Liamine Zeroual, ancien Président algérien, aujourd’hui âgé de 72 ans, risque ne pas plaire aux autorités algériennes. A la demande de ses partisans qui lui proposaient de reprendre les rênes du pouvoir à la suite de l’hospitalisation d’Abdelaziz Bouteflika, actuel Président algérien, Liamine Zeroual refuse catégoriquement, soulignant que le pays comptait des jeunes capables de gérer le pays. Une déclaration qui relance le débat sur la succession d’Abdelaziz Bouteflika

« Il est temps de laisser la place aux jeunes ». Liamine Zeroual n’a pas la langue de bois. Alors qu’il était pressenti par ses partisans pour reprendre les rênes du pays en 2014, en l’absence de l’actuel Président du pays, Liamine Zeroual décline la proposition, prétextant que l’Algérie compte des jeunes qui peuvent reprendre le flambeau. « Vous savez qu’il n y a pas que moi pour prétendre à la Haute magistrature. L’Algérie a de nombreux autres fils, de vrais, qui sont capables de se sacrifier pour elle ». Et d’ajouter : « quant à moi, il est temps de passer le flambeau et de laisser la place aux jeunes ».

« Nous n’avons aucun rôle à jouer dans le choix du futur Président algérien »

Sa déclaration prononcée devant une foule réunie à son domicile risque de ne pas plaire à certains. Surtout en une période marquée par la fragilité de la santé d’Abdelaziz Bouteflika. Hospitalisé depuis plus de deux mois à la suite d’un AVC, Abdelaziz Bouteflika continue à défrayer la chronique en Algérie. Sa santé est jugée très grave, mais les autorités algériennes tentent de minimiser la situation.
« Après avoir subi des examens médicaux à l’hôpital de Val de Grâce de Paris, le président de la République, dont le pronostic vital n’a jamais été engagé et qui voit son état de santé s’améliorer de jour en jour, est tenu, sur recommandation de ses médecins, d’observer un strict repos en vue d’un total rétablissement », déclarait Abdelmalek Sellal, Premier ministre qui se veut rassurant. « Je voudrais rassurer nos concitoyens sur l’état de santé de M. le président de la République », a-t-il lancé.

« Nous n’avons aucun rôle à jouer dans le choix du futur Président algérien, qui, je le répète, revient au peuple algérien »

Le scénario de la succession de Bouteflika est déjà sur toutes les lèvres. Mais face au caractère très sensible de la question, certains ne veulent pas se prononcer. « Nous n’avons aucun rôle à jouer dans le choix du futur Président algérien, qui, je le répète, revient au peuple algérien », avait déclaré en juin dernier, Wendy Sherman, sous-secrétaire d’État américaine aux affaires politiques.

«Un régime à bout de souffle»

Face au mutisme du gouvernement français sur la santé du Président, les spécialistes entrevoient déjà un régime à bout de souffle. Dans une interview accordée au journal Jolpress en mai dernier, Kader Abderrahim, chercheur à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (Iris) déclare : « le peuple algérien n’attend plus rien de ses dirigeants. L’Hospitalisation d’Abdelaziz Bouteflika et la communication autour de cet événement n’est qu’un avatar d’un régime à bout de souffle ».
Et ce n’est pas cette sortie de Liamine Zeroual qui va contribuer à rassurer les Algériens sur les aptitudes de Bouteflika à continuer à gérer le pays…à distance. Bien au contraire.