Stupeur et murmures

Il y a eu deux jours de silence. Deux jours d’accablement. La violence déchaînée, l’incroyable succès remporté par les terroristes sur l’Etat le plus puissant de la planète, l’incroyable défi lancé au droit, au droit international, à la communauté internationale.

Et puis quelques murmures, prudents. Les murmures de tous ceux qui à travers le monde, prient silencieusement leur dieu, quelle que soit sa couleur, sa doctrine et ses prophètes, pour le salut des victimes. Les murmures de tous ceux qui se révoltent contre l’inacceptable, la mort gratuite d’innocents, le massacre organisé de civils, à grande échelle. Le président des Etats-Unis pleure en direct sur toutes les télévisions du monde, disant, dans un souffle, qu’il est un  » affectif « .

Mais il faut entendre le murmure de tous ceux qui, à travers le monde, étaient déjà victimes du terrorisme, les milliers d’Algériens massacrés de la pire manière par les mêmes fanatiques, par exemple.

Le coup porté au coeur de New-York fait éclater aux yeux du monde occidental l’horreur de ces guerres civiles larvées qui ensanglantent de nombreux pays. L’Indonésie, l’Algérie, l’Afghanistan. Et l’absurdité des tactiques à courte vue qui ont pu consister, pour les Etats-Unis eux-mêmes, à armer et financer ces nouveaux barbares, sur d’autres continents.

A l’heure de la mondialisation, on ne peut pas faire grandir un assassin dans un pays tiers, et dormir sur ses deux oreilles. C’est le langage que certains déjà commencent à tenir, aux Etats-Unis mêmes, ou ailleurs dans le monde, en Jordanie par exemple. La grande alliance contre le terrorisme ne doit pas souffrir d’exceptions. Ce qui est barbarie d’un côté de l’océan l’est aussi de l’autre côté. Il faut pareillement le proscrire.

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