Souffle divin sur Montpellier

L’Au-delà s’invite à Montpellier. Le 25 et le 27 juillet, le Festival de Radio France accueillera les Nuits du Bwiti, culte des ancêtres de l’ethnie Tsogho du Gabon. Une première mondiale pour les initiés Tsoghos qui ont exceptionnellement accepté de dévoiler leur cérémonie secrète aux yeux du profane.

C’est à un événement exceptionnel que le Festival de Radio France et Montpellier convient leurs spectateurs cet été. Pour la toute première fois, l’ethnie Tsogho du Gabon, la plus ancienne détentrice du culte du Bwiti, a accepté de procéder à ses cérémonies rituelles hors de tout contexte religieux et des frontières de son pays. Pour la première fois, ce culte des ancêtres, pratiqué depuis toujours par les initiés dans le secret le plus absolu, consent à se découvrir aux yeux du profane.

Pendant deux nuits, de 20 heures à l’aube, danses, chants, instruments de musique traditionnels et effluves d’encens investiront le parc du très classique Château d’O du 17ème siècle. Le groupe  » Gnima Na Komwe  » rejouera les scènes hautement symboliques du mythe d’origine de son culte et invitera ses ancêtres légendaires et réels à se mêler aux vivants. A chaque étape de la cérémonie, un livret explicatif et un tableau lumineux permettront aux spectateurs non avertis de saisir la signification et la portée des personnages, des objets symboliques et des scènes représentées.

Loin du folklore

Tâche ardue que d’organiser un tel événement. Il aura fallu toute la détermination et la déférence des différents partenaires de la manifestation – les organisateurs du festival, une ethnomusicologue spécialiste des Tsoghos, le futur musée du Quai Branly de Paris, l’Université Omar Bongo de Libreville – pour négocier ce privilège avec les autorités religieuses.

Car ce n’est pas un spectacle folklorique de plus que propose le Festival. Loin d’être une simulation de cérémonie, c’est la cérémonie sacrée elle-même qui s’exporte ainsi. Et les autorités religieuses n’ont accepté qu’au prix d’une recréation à l’identique des conditions du rituel. Quinze jours d’installation d’un temple absolument conforme au culte dans le parc, exportation de tous les matériaux naturels, depuis les sculptures et les tissages jusqu’aux substances hallucinogènes favorisant le dialogue avec les ancêtres, tout sera fait pour que le groupe communique avec les esprits de leurs ancêtres dans les mêmes conditions qu’au Gabon. Reste une inconnue : les spectateurs accompagneront-ils les Thoghos jusque dans l’Au-delà ?