Soudan : plus de 82 milliards pour faire face à la crise des réfugiés venant d’Ethiopie

Envahi par des dizaines de milliers d’Ethiopiens fuyant la guerre dans la région du nord du Tigré, le Soudan aurait besoin de quelques 150 millions de dollars (82,2 milliards FCFA), pour faire face à cette situation déplorable, a déclaré le patron de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, Filipo Grandi.

« Cinq cents personnes par jour, c’est ce que nous avons eu ces derniers jours. Cinq, six cents réfugiés qui arrivent chaque jour dans le pays. Dans les pays riches, cela ferait tomber les gouvernements. Ici, le gouvernement du Soudan a gardé la frontière. Le HCR, l’ONU et la communauté humanitaire ont besoin d’environ 150 millions de dollars (82,2 milliards FCFA), pour les six prochains mois pour aider le gouvernement du Soudan à gérer cette crise de réfugiés », a déclaré Filipo Grandi, lors d’une visite au camp. Il a naturellement lancé un appel au soutien des généreux donateurs.

 

Le conflit du Tigré a éclaté le 4 novembre dernier entre les forces fédérales éthiopiennes et les dirigeants du parti au pouvoir. Depuis, plus de 43 000 réfugiés éthiopiens fuyant les combats intenses ont rejoint le pays voisin, le Soudan.

Situé à environ 80 kilomètres de la frontière, dans l’est du Soudan, le camp d’Um Raquba abrite plus de 9 700 réfugiés éthiopiens. Aujourd’hui, le camp qui a accueilli des réfugiés éthiopiens ayant fui la famine de 1983 à 1985, a rouvert ses portes. Le conseil norvégien pour les réfugiés au Soudan participe à la construction de plusieurs écoles sur le camp pour permettre à une cinquantaine de jeunes enfants aujourd’hui, puis près de 800 à moyen termes de suivre des cours. Avec le nombre de réfugiés qui augmente chaque jour, les ressources limitées du camp risquent maintenant d’être dépassées.

Le Soudan essaye tant bien que mal de s’adapter à l’afflux massif de réfugiés alors qu’il se débat avec sa propre crise économique. Le pays traverse également une transition fragile depuis l’éviction, en avril 2019, du dirigeant de longue date Omar Hassan Ahmed el-Bechir, après des manifestations de masse sans précédent, déclenchées par des difficultés économiques. Selon des chiffres officiels, environ 65% des 42 millions de Soudanais vivent sous le seuil de pauvreté.