Soudan, mon Soudan

Le pétrole a des bienfaits insoupçonnés. Le gouvernement du général Omar Al Bachir redécouvre les vertus du dialogue. Il sait qu’il ne peut pas exploiter les champs pétrolifères qui se trouvent pour la plupart dans les zones contrôlées par les rebelles de John Garang. D’où une demande de négociation avec ces derniers. Khartoum fait un forcing diplomatique auprès du Caire et de Tripoli pour amener les Sudistes à la table des négociations.

Le général Al Bachir a commencé par nettoyer le gouvernement des extrémistes islamistes qui l’ont amené au pouvoir. Il a envoyé son mentor Al Tourabi en prison et fait taire tous les radicaux. Une fois son régime bien implanté, il s’est tourné vers les Etats-Unis pour une opération de charme.  » Je respecte les droits de l’Homme, les règles démocratiques ni mes engagements militaires avec la rébellion, mais j’ai mis les islamistes turbulents en prison, j’ai pris mes distances -pas trop tout de même- avec Téhéran et… j’ai du pétrole ! « . Sans doute en quantité conséquente, car le Soudan n’est plus sur liste rouge américaine.

Pour sortir de son isolement, le général Al Bachir compte exclusivement sur Hosni Moubarak et le Guide libyen Moammar Khadafi. Ces derniers, pour des raisons différentes, s’appliquent à sortir Khartoum de son isolement international et à y ramener la paix. L’Alliance nationale démocratique (AND, alliance de l’opposition nordiste et de la rébellion sudiste) n’est pas opposée à cette énième rencontre de la dernière chance, mais exige l’instauration du multipartisme comme condition à leur participation.

Si l’alliance, fondée à Genève par les rebelles chrétiens et les fondamentalistes proches de Tourabi, a réussi à réunir l’opposition, il est peut-être possible de voir Al Bachir accepter de revoir son système politique. Pétrole éthique oblige.