Soudan, Les postiers en grève

Le courrier s’accumule à l’aéroport de Khartoum. Les postiers refusent de se remettre au travail tant qu’ils n’auront pas perçu leurs arriérés de salaires. Aucune lettre n’entre ni ne sort du Soudan.

Des dizaines de milliers de lettres en souffrance à l’aéroport de Khartoum. Les facteurs entrent dans leur troisième jour de grève. La Fédération postale internationale (FPI) menace de prendre des sanctions. De nombreux pays avoisinants se trouvent pénalisés par ce mouvement.

Les facteurs ont entamé cette grève pour revendiquer le paiement des arriérés impayés depuis une année et une augmentation de salaires. Les responsables syndicaux menacent de déclencher une grève illimitée la semaine prochaine si l’administration ne donne pas suite à leurs revendications.  » Notre mouvement n’est pas politique. Nous ne demandons que notre dû. « , souligne Mohammed Ahmed, le secrétaire général du syndicat des Postes.

Toute grève est politique

Le Soudan est une escale postale pour toute la région. Cela représente une manne financière que le syndicat ne veut pas perdre, d’où les appréhensions des sanctions de la FPI.  » Je crains que cette perturbation de la distribution du courrier n’ébranle la confiance que la communauté internationale avait placée dans le Soudan comme escale postale « , note le secrétaire général du syndicat.

La grève devait, à l’origine, prendre fin ce soir mais les deux parties ne sont parvenues à aucun accord. La direction de la poste se déclare impuissante à payer les arriérés de salaires et encore plus à procéder à une augmentation.  » Au Soudan, tout est politique. La solution est au ministère des Finances. Dans un pays censé être un modèle islamique, une grève fait désordre.  » Et peut donner des idées à d’autres personnes « , remarque Khalil Doudi, homme d’affaires, installé à Paris.

Le Soudan traverse actuellement une grave crise économique. Les caisses de l’Etat sont vides. Et la grogne sociale touche les tous secteurs.