Soudan : le Conseil de sécurité de l’ONU crée une force de sécurité de maintien de la paix Abyei

Alors que le Sud-Soudan s’apprête à accéder à l’indépendance le 9 juillet, le Conseil de sécurité a décidé de créer pour une période de six mois une mission de maintien de la paix, la Force de sécurité intérimaire des Nations Unies pour Abyei (UNISFA), qui sera chargée d’assurer la sécurité dans cette zone controversée à la limite entre le Nord et le Sud-Soudan.

Par la résolution 1990 (2011) adoptée à l’unanimité, le Conseil se félicite de l’accord du 20 juin entre le gouvernement soudanais et le Mouvement populaire de libération du Soudan concernant les arrangements temporaires pour l’administration et la sécurité de la zone d’Abyei.

La Force de l’ONU, qui sera dotée d’un effectif maximum comprenant 4.200 militaires, 50 policiers et un personnel civil d’appui correspondant, sera chargée de « contrôler et vérifier le redéploiement de toutes les forces armées soudanaises, de l’Armée populaire de libération du Soudan ou de l’entité qui lui succédera, à l’extérieur de la zone d’Abyei ».

« Cette zone sera démilitarisée à l’exception des forces de l’UNISFA et du service de police d’Abyei », a spécifié le Conseil.

L’UNISFA devra « participer aux organes compétents de la zone d’Abyei » et « fournir en coopération avec les autres partenaires internationaux dans le secteur de l’action anti-mines, une aide et des conseils techniques en matière de déminage ».

La Force devra aussi faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et la libre circulation du personnel humanitaire et renforcer les capacités du service de police d’Abyei dans le domaine du maintien de l’ordre.

Le Conseil de sécurité demande aux parties de « conclure un accord sur le statut des forces immédiatement après l’adoption de la présente résolution ». Pour les membres du Conseil il est « impératif de déployer rapidement l’UNISFA ».

La région d’Abyei est en proie à des affrontements depuis plusieurs mois. L’Accord de paix global qui a mis fin en 2005 à la guerre civile entre le Nord et le Sud du Soudan prévoyait l’organisation d’un référendum d’autodétermination à Abyei en janvier 2011, en même temps que celui sur l’autodétermination du Sud-Soudan. Faute d’accord sur la composition d’une commission électorale, le scrutin avait été reporté. Le Sud-Soudan de son côté a voté massivement pour la sécession, qui entrera en vigueur le 9 juillet 2011.

Dans la résolution les membres du Conseil de sécurité demandent au gouvernement du Soudan et gouvernement du Sud-Soudan « d’accorder leur plein appui à l’UNISFA pour lui permettre de s’acquitter intégralement de son mandat ».

Le Conseil a aussi appelé le gouvernement du Soudan et le gouvernement du Sud-Soudan, ou celui qui lui succédera, « de s’acquitter d’urgence de l’engagement qu’ils ont pris en vertu de l’Accord global de résoudre par des voies pacifiques la question du statut final d’Abyei ».

De son côté, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a fait état lundi de frappes aériennes et de tirs d’artilleries par les Forces armées soudanaises, notamment dans l’est et le sud des montagnes de Nuba situées dans l’Etat du Sud-Kordofan.

Selon OCHA, au moins 73.000 personnes ont été déplacées dans le Sud-Kordofan depuis le début des affrontements. Les agences de l’ONU ne parviennent pas accéder aux populations civiles à Kadugli, la capitale du Sud-Kordofan.

De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) et ses partenaires locaux ont distribué de l’aide alimentaire pour 42.000 personnes. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) est parvenu quant à lui à fournir du matériel humanitaire à presque 17.000 personnes dans la région.