Soudan – Etats-Unis : des relations toujours empoisonnées

L’enquête sur les attentats sanglants perpétrés à l’été 1998 contre les ambassades américaines de Nairobi et de Dar-Es-Salam se poursuit dans l’ombre. De nouveaux suspects viennent d’être identifiés, alors que la tension ne baisse pas entre les Etats-Unis et le Soudan.

Le souvenir des attentats effroyables d’août 1998, qui avaient fait 224 morts dans et à proximité des ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie, continue d’empoisonner les rapports entre la grande puissance occidentale et une partie de la diplomatie africaine. Cinq nouveaux fugitifs ont été incriminés, hier, dans les attentats, portant à vingt-deux le nombre des accusés.

La justice fédérale américaine pense avoir formellement identifié les cinq hommes, quatre Egyptiens et un Libyen, comme des  » membres-clés  » du réseau terroriste dirigé par le millionnaire d’origine saoudienne Osama Bin Laden.

Ce dernier, installé en Afghanistan, a vu parallèlement s’accumuler de nouvelles preuves de sa participation au complot de l’été 1998. Bin Laden est l’ennemi numéro un de l’Amérique. On lui reproche également d’avoir commandité l’attentat de 1993 contre le World Trade Centre, un gratte-ciel new-yorkais, ainsi que le meurtre de dix-neuf soldats américains en 1996 en Arabie saoudite.

Diplomate expulsé

Si  » l’amitié  » entre les Etats-Unis, la Tanzanie et le Kenya ne semble pas avoir pâti des attentats, les relations entre le Soudan et Washington sont au plus bas. La Maison-Blanche accuse Khartoum de protéger le terrorisme arabe anti-américain. Le 20 août 1998, treize jours après les attentats, l’armée américaine avait bombardé une zone industrielle, détruisant ce que le Soudan présente, aujourd’hui encore, comme une usine pharmaceutique. D’après de nombreux observateurs, le Soudan servirait, aujourd’hui encore, de base d’entraînement aux équipes d’Osama Bin Laden. Mais le pays rejette l’accusation.

Le 7 décembre, les autorités soudanaises ont expulsé un diplomate américain, Glen Warren. Celui-ci avait ostensiblement participé à un meeting électoral de l’opposition, rompant délibérément le devoir de réserve imposé aux diplomates dans le monde entier.