Soudan du Sud : un journaliste arrêté pour avoir critiqué le pouvoir

Le gouvernement du Soudan du Sud a ordonné l’arrestation d’un journaliste sud-soudanais, qui a critiqué sa gestion du pays ces deux dernières années, l’accusant aussi d’être responsable de la guerre civile.

La liberté de presse de nouveau attaquée au Soudan du Sud. Le gouvernement a fait arrêter un journaliste sud-soudanais, Joseph Afandi, qui a critiqué sa gestion du pays ces deux dernières années, marquées par la guerre civile, a dénoncé ce vendredi le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé à New York.

Le journaliste, qui travaille pour le quotidien en langue arabe El-Tabeer (« Expression »), a été arrêté à Juba le 30 décembre par les forces de sécurité, précise le CPJ, soulignant que ses collègues disent être sans nouvelles de lui. Son éditorial, critiquant le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), le parti au pouvoir, pour avoir failli à son devoir de protection des civils et pour son rôle dans la guerre civile qui dévaste le pays depuis décembre 2013, n’a pas été au goût des autorités.

Le CPJ précise aussi qu’après « l’arrestation du journaliste, le rédacteur en chef du journal, Wazir Michael, a décidé de démissionner pour tenter d’apaiser la situation avec les services de sécurité. Et le quotidien n’a plus été publié depuis ». Le journal ne parait pourtant que début décembre 2015, après qu’un autre qui l’ait précédé, dirigé par Wazir Michael, Al-Rai, ait été, lui aussi, contraint de cesser sa parution par les services de sécurité. De nombreux défenseurs des droits de l’Homme accusent régulièrement les autorités sud-soudanaises de museler les médias, en empêchant tout débat.

Le pays est ravagé par une guerre civile pour le contrôle du pouvoir. Elle oppose le Président Salva Kiir et son ancien Vice-Président Riek Machar depuis décembre 2013. Un conflit qui a déjà fait plusieurs milliers de morts et de déplacés. La guerre qui se déroule actuellement dans le pays a été comme oubliée par la communauté internationale, dénoncent de nombreuses organisations de défense des droits de l’Homme, qui tirent la sonnette. Même si plusieurs cessez-le-feu sont régulièrement signés entre les deux partis, ils ne sont jamais respectés par les belligérants, selon l’ONU.