Soudan du Sud : les miliciens de Machar poursuivent leur avancée sur Bor

Les forces loyales à Riek Machar poursuivent leur avancée sur Bor. La population craint une attaque imminente de l’armée sud-soudanaise.

Les miliciens de l’ex-vice président Riek Machar sont toujours autant mobilisés et le prouvent en maintenant ce lundi leur position aux portes de la ville stratégique de Bor, selon l’armée sud-soudanaise. « Hier, nous avons eu des affrontements à (…) quelque 25 miles (environ 40 km) au nord de Bor », capitale de l’Etat du Jonglei (est), a déclaré le porte-parole de l’armée, Philip Aguer, à l’AFP. « La population de Bor craint une attaque à n’importe quel moment. »

Un cessez-le-feu sur la sellette

Le risque d’affrontements à Bor pourrait gravement mettre en péril les chances d’un cessez-le-feu d’ici à mardi dans le pays. En effet, dans le cadre de sa médiation, une délégation de dirigeants d’Afrique de l’Est et de la Corne de l’Afrique avait donné jusqu’à demain mardi pour entamer des pourparlers et cesser les combats. En attendant, « les forces de Riek Machar poursuivent leur avancée sur Bor ». « Mais nous sommes confiants dans notre capacité à les repousser pour protéger la ville », a ajouté le porte-parole. Ce dernier n’a pas indiqué le nombre de miliciens présents à Bor.

Les milliers de jeunes de l’ethnie Lou Nuer, dont est issu Salva Kiir, mobilisés par ce dernier pour combattre l’armée régulière auraient abandonné leur avancée vers Bor et entamé leur retraite selon le porte-parole du gouvernement. Surnommée « Armée Blanche », les miliciens de Nuer sont redoutés pour leur force et leur brutalité. Samedi, Djouba avait accusé Salva Kiir d’avoir mobilisé 25 000 jeunes Nuer. Mais selon le porte-parole des rebelles, Moses Ruai Lat, les hommes mobilisés par Riek Machar ne sont pas des Lou Nuer mais des soldats de l’armée qui ont décidé de rejoindre les troupes de Machar. Moses Ruai Lat n’a toutefois pas démenti la présence de forces hostiles au gouvernement dans la région de Bor.

La population, première victime

Pendant que deux hommes et leurs troupes se déchirent mutuellement depuis le 15 décembre, date à laquelle Riek Machar a été accusé par le Président Salva Kiir d’une tentative de coup d’Etat, la population, elle, pâtit de ces combats. Des violences, viols et massacres entre communautés auraient éclaté, ce qui augmente le risque d’une guerre civile dans le pays. Le bilan provisoire est, selon l’ONU, de plusieurs milliers de morts. Un charnier a été découvert. Quant au nombre de déplacés, il ne cesse d’augmenter. Il est désormais 180 000, toujours selon l’ONU.

L’ONU a décidé de doubler à 12 500 ses Casques bleus pour tenter de rétablir l’ordre et protéger la population dans le pays. Le gouvernement s’est, quant à lui, dit prêt à libérer huit des onze détenus politiques du clan Machaar à condition que ce dernier dépose les armes et entame des négociations.