Soudan du Sud : 400 à 500 morts suite au coup d’Etat déjoué

Des habitants de Djouba, la capitale du Soudan du Sud, continuent de trouver refuge au niveau des bases de l’ONU. Plus de 10 000 habitants ont d’ores et déjà fui les combats entre factions rivales de l’armée qui auraient fait plus de 400 morts.

Les détonations sporadiques d’armes légères entendues ce mardi soir semblent démentir les propos du ministre sud-soudanais de l’Information, selon lesquels les autorités ont « le contrôle total » de la situation. Deux factions rivales de l’armée s’opposent : les forces fidèles au Président Salva Kiir et celles d’un de ses opposants, Riek Machar. Mardi, les combats étaient intenses puisque le groupe de soutien à Riek Machar aurait tenté de s’emparer du ministère de la Défense. Le camp du Président parle d’un coup d’Etat déjoué.

Les hostilités ont fait à ce jour 73 morts, « tous des soldats » selon le ministre de l’Information Michael Makuei. Pourtant, dans la matinée, le secrétaire d’Etat à la Santé a évoqué des pertes des civiles. Ce dernier n’a pas communiqué de chiffres, mais près de 140 civils auraient été hospitalisés. Selon des responsables d’hôpitaux, le gouvernement tente de dissimuler la vérité. Ils évoquent un lourd bilan : entre 400 et 500 cadavres auraient été transportés dans les hôpitaux de Djouba. De son côté, le secrétaire général des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, a indiqué mardi, devant le Conseil de sécurité, que 800 personnes avaient été blessés dans ces affrontements qui ont démarré dimanche soir. Quant aux réfugiés, pas moins de 10 000 personnes auraient trouvé protection auprès des bases locales de l’ONU.

Machar dans le collimateur de Kiir

L’ancien vice-Président, Riek Machar, est accusé par Salva Kiir d’avoir fomenté un coup d’Etat qui s’est soldé par un échec. Les observateurs craignent désormais des affrontements entre ethnies. Salva Kiir est de l’ethnie Dinka, tandis que Riek Machar est un Nuer. Riek Machar nie toute tentative de coup d’Etat. Dans un entretien publié mercredi par le site indépendant Sudan Tribune, il affirme qu’« il n’y a pas eu de coup d’Etat. Ce qui s’est passé à Juba est un malentendu entre membres de la garde présidentielle, au sein de leur unité ».

Des arrestations ont eu lieu. Dix hautes personnalités politiques sont accusées d’avoir préparé le « coup d’Etat déjoué ». Parmi elles figurent huit anciens ministres du gouvernement limogé. M. Machar est quant à lui toujours en liberté. Il serait « en fuite » avec quatre autres personnalités recherchées, selon le gouvernement.

L’ONU, par la voix de son secrétaire général Ban Ki-moon, a appelé le dirigeant sud-soudanais à « dialoguer » avec ses opposants pour un retour au calme. Riek Machar et son gouvernement avaient été limogés mardi 23 juillet, suite à des dissensions au sein du régime.