Sosthène Munyemana jugé à Paris dans le cadre du génocide rwandais


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Sosthène Munyemana
Sosthène Munyemana

Le procès de l’ancien médecin rwandais Sosthène Munyemana se déroule à Paris, en France. L’homme est accusé d’avoir participé au génocide des Tutsi au Rwanda.

C’est hier, mardi, que Sosthène Munyemana a commencé à comparaître devant la cour d’assises de Paris. Âgé de 68 ans, l’ancien médecin rwandais est jugé pour génocide et crimes contre l’humanité. Accusé d’avoir participé aux massacres de 1994, dans ce pays d’Afrique Centrale, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Génocide, crimes contre l’humanité, participation à une entente en vue de la préparation de ces crimes, complicité. Voilà le chapelet de griefs retenus contre l’homme qui a été appelé à la barre mardi. « C’est la première fois que j’ai l’occasion de m’exprimer publiquement depuis le début de cette affaire. C’est aussi le moment de penser à ces familles », a déclaré le gynécologue, devant la cour d’assises de Paris.

Encouragé les tueries lors du génocide rwandais

Ce notable de la région de Butare, au Sud du Rwanda, est soupçonné d’avoir contribué à la rédaction d’une motion de soutien au gouvernement intérimaire. Celui-ci avait été mis en place après l’attentat contre l’avion du Président Juvénal Habyarimana. Laquelle motion de soutien aurait encouragé les tueries lors du génocide rwandais.

Sosthène Munyemana aurait aussi participé à un comité de crise qui, durant le génocide, a érigé des barrières-filtres et effectué des rondes. Des activités qui auraient conduit à l’interpellation et l’exécution de plusieurs personnes. Il aurait en outre détenu la clé du bureau de secteur de Tumba, où des Tutsi étaient enfermés, parfois pendant plusieurs jours, dans des conditions jugées indignes.

Il avait fui le Rwanda depuis juin 1994

Contestant le manteau de notable à Tumba, l’accusé a insisté que le bureau de secteur servait de refuge aux Tutsi. Sosthène Munyemana avait fui son pays, le 22 juin 1994, pour rejoindre la France, trois mois plus tard. La première plainte à son encontre avait été déposée en 1995. Ce qui avait entraîné l’ouverture d’une information judiciaire.

Visé par un mandat d’arrêt international émis par les autorités rwandaises, sa demande d’asile avait été rejetée en 2008. Pour autant, en 2010, la justice française a refusé de l’extrader pour qu’il soit jugé dans son pays. Six personnes, des hommes, ont déjà été condamnés en France pour leur participation au génocide, qui a fait plus de 800 000 morts, entre avril et juillet 1994, selon l’ONU.

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