Sommet de la SADC : le Zimbabwe pointé du doigt

Human Rights Watch demande à la Communauté de développement de l’Afrique australe, en sommet les 16 et 17 août à Lusaka (Zambie), d’agir urgemment contre les violations des droits de l’homme qui ont court au Zimbabwe. L’organisation des droits de l’homme estime que cette étape est indispensable pour résoudre la crise politique et économique du pays.

Le groupe de défense des droits humains, Human Rights Watch (HRW), basé à New-York, aux Etats-Unis, a invité les chefs de gouvernement qui vont se réunir cette semaine pour le Sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à Lusaka, en Zambie, d’exiger du Zimbabwe qu’il mette fin, de toute urgence, à ses violations généralisées des droits humains.

HRW a également demandé à la SADC de déployer des observateurs des droits de l’homme au Zimbabwe pour évaluer la situation.

« Les membres de la SADC doivent prendre des mesures urgentes et efficaces pour juguler une des plus graves crises de la région – au Zimbabwe »-, a déclaré Peter Takirambudde, le directeur pour l’Afrique de Human Rights Watch.

« La crédibilité de la SADC en tant que force véritable pour un changement dans la situation des droits de l’homme est en jeu et ses dirigeants doivent insister pour qu’il y ait des améliorations tangibles au Zimbabwe », a-t-il déclaré.

Le sommet, qui va se tenir du 16 au 17 août, devrait se pencher sur la crise politique et économique actuelle au Zimbabwe.

Lors d’un sommet extraordinaire à Dar es Salaam, en Tanzanie, en mars dernier, la SADC a demandé au président sud-africain Thabo Mbeki, de jouer le rôle de médiateur entre le Front Patriotique-Union Nationale du Zimbabwe (ZANU-PF) et les deux factions du Mouvement pour le changement démocratique (opposition).

M. Mbeki doit présenter un compte-rendu sur le progrès des négociations à Lusaka.

HRW a invité la SADC a intégrer de manière plus explicite les préoccupations relatives aux droits de l’homme dans cette médiation et à fixer des conditions claires de progression dans le cadre d’un calendrier bien défini.

Le sommet doit reconnaître publiquement les problèmes des droits de l’homme actuels et déployer des observateurs des droits de l’homme de la SADC comme première étape essentielle pour la protection des Zimbabwéens contre la brutalité de l’Etat, a indiqué Human Rights Watch.

L’organisation a affirmé que par le passé, la SADC n’avait pas réussi à faire prendre au Zimbabwe des engagements concrets en matière de droits de l’homme.

« Par exemple, le communiqué final du sommet extraordinaire en Tanzanie n’a pas mentionné les arrestations et le passage à tabac de responsables de l’opposition ou la situation plus large des droits humains au Zimbabwe », a-t- il ajouté.

HRW a invité la SADC à envoyer un message clair, visible et sans équivoque à l’issue du sommet de cette semaine, condamnant la politique de répression du gouvernement du Zimbabwe et le fait que la police, l’armée et les forces de sécurité du Zimbabwe n’aient pas à rendre de comptes.

« La crise politique et celle des droits humains au Zimbabwe qui menacent de déstabiliser toute la région, nécessitent un leadership urgent et efficace », a déclaré M. Takirambudde.

« Ce n’est que par la résolution des violations des droits humains au Zimbabwe que la SADC peut espérer la relance politique et économique de ce pays », a-t-il ajouté.