Somalie : promesse d’amnistie en échange des armes de guerre

Après s’être emparés de Kismayo, lundi, le gouvernement transitoire somalien et l’Ethiopie attendent que les islamistes et chefs de guerre déchus rendent les armes. En échange, les autorités de leur pays leur promettent l’amnistie. Alors que des islamistes fuient la Somalie, l’Ethiopie appelle à l’envoi rapide d’une force internationale de stabilisation.

Kismayo est tombée, l’heure de la stabilisation a sonné. Après la chute, lundi, du dernier bastion des islamistes, qui contrôlaient depuis juillet le Centre et le Sud de la Somalie, le gouvernement de transition souhaite mettre fin aux affrontements. Il a proposé, mardi, aux miliciens des tribunaux islamiques et aux chefs de guerre, que les islamistes avaient chassé, de rendre les armes en échange d’une amnistie. Ils ont jusqu’à jeudi pour se conformer à la requête, mais, à la mi-journée, cette dernière restait lettre morte.

Cela s’expliquerait par le fait qu’il n’y ait pas de compensation et que les centres de collecte n’étaient pas prêts. Par ailleurs, les islamistes sont en fuite. Onze d’entre eux ont été arrêtés sur la péninsule kenyane de Ras Kamboni et huit sont détenus par la police et interrogés. La police précise qu’il est pour le moment difficile d’affirmer s’ils sont « des commerçants, des réfugiés ou des combattants », rapporte l’AFP. Toujours est-il que pour éviter toute hémorragie, la Somalie a demandé au Kenya de fermer sa frontière. Les islamistes doivent donc trouver une échappatoire vers l’océan indien, où des patrouilles aériennes éthiopiennes traquent les fuyards.

Pour l’envoi d’une force internationale

Le premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, a annoncé que son pays pourrait rester « deux semaines » en Somalie pour « rétablir la stabilité ». Il insiste sur le déploiement rapide d’une force internationale, qui remplacerait sur le terrain ses soldats. Dans cette optique, le président kenyan, Mwai Kibaki, a demandé un sommet urgent de l’Autorité intergouvernementale de développement (IGAD), que l’Union Africaine a mandatée en septembre pour dépêcher une force. Selon le premier ministre du gouvernement de transition somalien, Ali Mohamed Ghedi, l’Ouganda et le Nigeria ont proposé d’envoyer des militaires. Meles Zenawi appelle le chancelant pouvoir somalien à « empêcher le retour aux affaires des chefs de guerre » et à « créer un environnement dans lequel les Somaliens puissent participer au gouvernement ».

Avant une paix durable, il faudra composer avec les ennemis d’hier. Notamment les islamistes Hawiye qui, d’après l’expert Matt Bryden, interrogé par l’AFP, n’accepteront pas un scénario dans lequel ils n’auraient aucun pouvoir. Le risque d’un développement suivant celui qui se déroule en Irak revient sur les lèvres de plusieurs spécialistes et des islamistes ont d’ailleurs promis une guérilla de ce type. Dimanche, une femme a perdu la vie dans une mystérieuse explosion…