Somalie : la paix retrouvée

La Somalie aura, d’ici fin février, un nouveau parlement et un Président élu. Ce sont les principales dispositions de l’entente signée, dans la nuit de mercredi dernier, à Nairobi (Kenya) par les principales factions rivales qui prennent part depuis 1991 à la guerre civile qui ravage le pays.

Les pourparlers de paix inter somaliens de Nairobi (Kenya) ont franchi une étape décisive, dans la nuit de mercredi dernier, avec la signature d’une entente. Cette dernière met fin à treize années de guerre civile. Cet accord permettra la mise en place, d’ici fin février, d’un nouveau parlement et l’élection d’un Président. Le texte aurait été signé, en présence du Chef de l’Etat kenyan, Mwai Kibaki, par le président du gouvernement national de transition (GNT) somalien, Abdulkassim Salat Hassan, et par un représentant du Conseil Somalien de Réconciliation et de Restauration (CSRR). L’organisation, présidée par Hussein Mohamed Aïdid et soutenue par l’Ethiopie, regroupe les chefs de guerre qui ne reconnaissent par la légitimité du GNT et du parlement actuel formé en 2000.

Une nation fédérée

Le nouveau parlement devrait comprendre 275 au lieu des 350 prévus. « Les quatre principaux clans somalis – Darod, Dir, Hawiyé et Rahanweyn – auront, sur une base égalitaire, 61 représentants chacun et 31 autres personnes représenteront les minorités. », a affirmé à l’AFP le ministre djiboutien des affaires étrangères, Ali Abdi Farah. Djibouti est membre – à l’instar de l’Ethiopie, du Kenya, de l’Erythrée, du Soudan, de l’Ouganda et de la Somalie – de l’Autorité intergouvernementale de développement (Igad), principal médiateur dans les pourparlers inter somaliens.

L’accord prévoit également, selon l’agence de presse italienne, Misna, la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale avec un mandat de cinq ans et une constitution fédéraliste qui sera votée par référendum après recensement de la population. Pour Hussein Mohamed Aïdid, dont les propos ont été rapportés par la BBC, « les Somaliens ont décidé d’accepter leurs différences en signant un accord qui mettra fin à l’anarchie [dans le pays] ». Notons que la communauté internationale a également pesé de tout son poids dans la résolution du conflit somalien. L’éventualité pour les belligérants de se faire juger pour crimes de guerre s’ils ne s’associaient pas à la reconstruction du pays aura été certainement décisive.

Une forte implication de la communauté internationale

Les Etats-Unis devraient dépêcher, auprès de la Somalie, un ambassadeur dont la mission sera de suivre de près la mise en œuvre de l’accord. Le gouvernement américain, dans le cadre de la lutte antiterroriste, est très sensible au retour de l’ordre dans le pays. Le grand absent de ces négociations aura été le Somaliland dont les conflits territoriaux avec le Puntland voisin, a fait craindre le pire aux médiateurs du dialogue inter somalien.

Kofi Annan, le secrétaire général des Nations Unies, avait d’ailleurs appelé au calme, le 20 janvier dans un communiqué officiel, les autorités de ces régions sécessionnistes ainsi que les différentes factions rivales. Avec cet accord, la médiation entamée au Kenya depuis octobre 2002 est en passe d’atteindre ses objectifs. A savoir la mise en place du premier gouvernement reconnu depuis la chute du président Mohamed Siad Barre en 1991.