Somalie : l’étau se resserre sur les islamistes

Les Etats-Unis ont annoncé, mercredi, que des patrouilles navales sillonnaient les côtes somaliennes pour empêcher les miliciens islamistes de s’enfuir. Pendant ce temps, le Kenya a renforcé la surveillance de sa frontière et des réunions internationales se préparent pour stabiliser la Somalie.

Les islamistes somaliens sont encerclés. Les Etats-Unis ont annoncé, mercredi, qu’ils avaient déployé des forces navales pour les empêcher de fuir par la mer. Cet Etat travaillerait en collaboration avec d’autres pays pour attraper le chef de l’Union des tribunaux islamiques, Sheikh Hassan Dahir Aweys, classé comme terroriste sur la liste américaine et onusienne. « Nous craignons que des dirigeants des tribunaux islamiques liés à des organisations terroristes, y compris al-Qaïda, ne puissent s’enfuir et quitter la Somalie. Cela nous inquiète beaucoup », a justifié Sean McCormack, porte-parole du département d’Etat, sans donner plus de détail sur le déploiement américain.

Le Kenya sur tous les fronts

Ce dispositif vient s’ajouter aux patrouilles aériennes de l’Ethiopie, qui a mis en déroute les islamistes, et à celui du Kenya, qui a renforcé la surveillance à sa frontière avec la Somalie. Des tanks et des hélicoptères kenyans ont été mis en place pour éviter toute infiltration. Selon l’AFP, qui a interrogé un responsable citant des sources de renseignement, quatre hélicoptères ont « pratiquement touché mardi trois véhicules tout terrain qui, nous en sommes persuadés, transportaient des chefs islamistes ». L’intervention, qui n’aurait pas fait de victimes, a semble-t-il été possible grâce à « des satellites américains » qui suivaient les fuyards, d’après la source de l’agence française.

« Nous menons un contrôle de sécurité très complet et rigoureux pour assurer que nous n’avons pas de gens qui rentrent avec des armes, des gens qui sont des islamistes. Cela cause des retards, mais nous nous assurons que chaque arrivant est un réfugié. (…) Nous les amenons dans un camp du Kenya dirigé par les Nations Unies », a déclaré à la BBC le ministre kenyan des Affaires Etrangères, Alfred Mutua. Ce dernier a d’ailleurs précisé que son pays, qui vient de fermer sa frontière avec la Somalie, n’avait jamais expulsé entre 300 et 700 réfugiés somaliens, comme certains médias le rapportent.

Peu d’armes rendues

Malgré la pression qui s’accentue, les islamistes, dont certains seraient hébergés par des villageois du Sud du pays, sont décidés à poursuivre la lutte. Ils ont déclaré qu’ils allaient « renaître de leurs cendres » et mener une guérilla contre le pouvoir chancelant de Baidoa. Cela pourrait expliquer le faible succès de l’opération qui promettait l’amnistie, aux combattants islamistes, mais pas à leurs leaders, en échange de leurs armes. Le dernier jour pour obtempérer était fixé à ce jeudi et peu d’armes ont été amenées aux lieux désignés. Toutefois, d’après l’agence Shabelle, un clan de Mogadiscio a suivi la consigne gouvernementale et rendu 11 fusils AK-47 et un camion surmonté d’un dispositif anti-aérien. Les plus âgés du clan auraient par ailleurs amené 20 miliciens armés pour qu’ils rejoignent les forces gouvernementales.

En attendant d’éventuelles captures, le ballet diplomatique se poursuit. Jendayi Frazer, secrétaire d’Etat américaine adjointe chargée des affaires africaines, se trouvait mercredi à Addis-Abeba (Ethiopie) pour s’entretenir avec le premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, et le président ougandais, Yoweri Museveni. Ce vendredi, la responsable américaine devrait co-présider, vendredi, à Nairobi (Kenya), une réunion du Groupe de contact pour la Somalie[[<*>Les Nations Unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la Ligue arabe, les Etats-Unis et le groupe est-africain Autorité intergouvernementale pour le développement]]. Ce Groupe avait décidé, mercredi, en Belgique, que l’envoie d’une force de l’Union africaine serait plus approprié que celui d’un contingent européen. C’est d’ailleurs pour faire part de sa volonté de participer à une éventuelle force africaine que le président ougandais, qui a déjà offert d’envoyer 1 000 hommes, se rend en Ethiopie ce jeudi.