Somalie : deux humanitaires abattus dans le centre du pays

Un Français et un Britannique, membres du personnel international du Bureau de l’ONU de lutte contre la drogue et le crime (UNODC), ont été tués lundi matin à l’aéroport de Galkayo, dans le centre de la Somalie.

Un nouvel attentat vient endeuiller les opérations humanitaires en Somalie. Deux membres du personnel international du Bureau onusien de lutte contre la drogue et le crime (UNDOC), respectivement ressortissants français et britannique, ont été abattus lundi matin à l’aéroport de Galkayo, dans le centre du pays. Si l’attentat n’a pas été revendiqué, il serait, selon des sources sécuritaires, l’œuvre d’un homme vêtu d’un uniforme de policier qui semblait « mentalement déséquilibré ».

« Deux hommes blancs ont été abattus à l’intérieur de l’aéroport, alors qu’ils débarquaient d’un avion […] la raison de l’attaque n’est pas claire », a déclaré à l’AFP un responsable somalien, qui a par ailleurs indiqué que le tireur a été arrêté à la suite de l’attaque.

Les deux employés de l’ONU avaient rallié Galkayo pour rencontrer des officiels somaliens, afin de discuter de la question de la réglementation des services de transfert d’argent qui remplacent le système bancaire formel. Galkayo, qui se trouve hors du champ de contrôle effectif du gouvernement de transition, à 575 km au nord de Mogadiscio, partage une frontière commune avec la région semi-autonome du Puntland, tristement connue pour être le repaire privilégié des pirates qui sévissent dans le Golfe d’Aden.

La Somalie a été le théâtre de nombreux attentats visant les humanitaires ces dernières années, alors même que toute attaque à leur encontre est prohibée, ceux-ci étant sous le coup d’une protection spéciale octroyée par le droit international humanitaire. De nombreuses organisations humanitaires, à l’exemple de Médecins Sans Frontières, craignant pour la sécurité de leur personnel, ont ainsi été contraintes de stopper leurs activités dans le pays.

Le pays, sans gouvernement effectif depuis la chute de Siad Barré en 1993, vit depuis plus de vingt ans dans un chaos omniprésent. Une situation qui a conduit la Somalie à devenir l’archétype de la défaillance étatique, et qui contraint les populations à survivre dans l’insécurité entre guerre, banditisme et milices islamistes qui tentent d’étendre leur emprise territoriale.