Somalie : des militaires Ougandais suspendus pour détournement de nourriture

Les autorités ougandaises ont annoncé la suspension de 24 militaires ougandais intégrés dans la Force de l’Union africaine en Somalie (Amisom). ils sont soupçonnés d’avoir détourné de la nourriture.

Au moins 24 militaires ougandais intégrés dans la Force de l’Union africaine en Somalie (Amisom), dont le chef de leur contingent, ont été suspendus deux jours après avoir été soupçonnés d’avoir détourné de la nourriture, selon le porte-parole de l’armée ougandaise, Paddy Ankunda. Selon le quotidien indépendant ougandais Daily Monitor, ils sont attendus ce mardi en Ouganda, après avoir été rappelés sur ordre du Président Yoweri Museveni. « Ils sont impliqués dans des comportements injurieux envers la mission », selon le porte-parole de l’armée, refusant de donner des détails sur ce qui leur était réellement reproché. « Leur comportement fait l’objet d’une enquête », a-t-il ajouté. D’après le porte-parole, « s’il y a assez de preuves, ils seront poursuivis en justice ».

Le détournement de nourriture, un fait récurrent

En réalité ces soldats inculpés sont soupçonnés d’avoir revendu de la nourriture destinée aux militaires de l’Amisom, déployés depuis 2007 pour prêter main forte aux autorités chancelantes somaliennes, afin de combattre les insurgés islamistes shebab. L’Ouganda fournit avec le Burundi et le Kenya, l’un des trois plus gros contingents de l’Amisom, composée de quelques 17 700 hommes, financée par l’ONU et l’Union européenne.

Le détournement de nourriture est récurrent en Somalie qui reste toujours un Etat fragile, après des décennies de guerre civile. D’ailleurs, à l’été 2011, quand l’ONU avait décrété l’état de famine dans le pays, le Programme alimentaire mondial (PAM) avait ouvert une enquête sur des vols de nourriture provenant de l’aide internationale. Un trafic qui peut virer au drame. En août 2011, en effet, cinq personnes avaient péri dans l’attaque d’un convoi du PAM par des inconnus armés venus piller l’aide alimentaire.