Soldats morts au Mali : honneurs militaires en France, hommages au Sénégal

Les honneurs militaires ont été rendus, mercredi 20 avril 2016, aux trois soldats français décédés le 12 avril au Mali dans le cadre de l’opération Barkhane, après l’explosion de leur véhicule sur une mine. Dans le même temps, au Sénégal, on pleure ces « soldats morts pour l’Afrique et le monde entier ».

A Dakar,

Les trois soldats récemment morts au Mali ont reçu, le 20 avril 2016, les honneurs militaires dans la cour des Invalides à Paris, comme ce fut le cas le 22 février 2013 pour un autre soldat tué lors d’une opération dans le nord du Mali.

« Ils avaient les traits de la jeunesse, l’âge où l’on peut s’inventer une vie. Ils ont porté le courage au plus haut niveau des valeurs humaines »

Ibrahim Boubacar Keita et François Hollande, les Présidents malien et français, étaient présents ce mercredi 20 avril à l’hôtel des Invalides à Paris pour une cérémonie d’hommage aux trois soldats français morts le 12 avril dernier dans le nord du Mali près de Tessalit. L’hommage rendu aux trois militaires français tués au Mali a été très solennel. Le Président français, François Hollande, a pris la parole, déclarant que « la France porte aujourd’hui le deuil de ses trois enfants ». Egalement présents dans la cour d’honneur des Invalides, le Premier ministre Manuel Valls, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, ainsi que des représentants de l’armée malienne.

Les trois cercueils ont été déposés au centre de la cour d’honneur recouvert d’un drapeau bleu, blanc et rouge. Dans ces cercueils, les corps de Damien Noblet, de Mickaël Poo-Sing et de Michael Chauwin. Ces deux derniers venaient de s’engager très récemment dans l’armée française. « Ils avaient les traits de la jeunesse, l’âge où l’on peut s’inventer une vie. Ils ont porté le courage au plus haut niveau des valeurs humaines », a déclaré François Hollande.

Ils appartenaient tous les trois au 511e régiment du train d’Auxonne dans l’est de la France. Dans la cour, tous les corps d’armée étaient représentés : l’armée de terre, l’armée de l’air et la marine. Leur véhicule a sauté sur une bombe artisanale mardi dernier alors qu’ils se rendaient à Tessalit au Mali. Les trois soldats se trouvaient dans le véhicule de tête d’un convoi logistique d’une soixantaine d’engins qui faisait route vers Tessalit, dans le nord du Mali, lorsqu’une mine a explosé à leur passage.

Le soldat de 1ère classe Mickaël Poo-Sing a été tué « sous le coup de l’explosion ». Le maréchal-des-logis Damien Noblet et le brigadier Michael Chauwin sont décédés de leurs blessures un peu plus tard à Gao, où ils avaient été évacués pour recevoir des soins dans une antenne médicale militaire française.

« Ces vaillants soldats sont mort en Afrique certes, mais ils laissé leur vie en défendant le monde entier, notamment la France d’où ils sont issus »

La mort de ces soldats sur le champ de bataille, alors qu’ils combattaient, entre autres, les terroristes qui ont fini de faire du Sahel, notamment le Mali, leur sanctuaire, a été ressentie dans toute l’Afrique, précisément au Sénégal, où le deuil est aussi porté. « Ces vaillants soldats sont mort en Afrique certes, mais ils laissé leur vie en défendant le monde entier, notamment la France d’où ils sont issus. Si vous vous souvenez, des journalistes français ont été tués au Mali. Et c’est pour éviter d’autres meurtres de ce genre que le monde n’a plus de frontières s’agissant de la défense. Nous rendons hommage à ces soldats morts,et disons à leurs failles qu’ils sont morts dignement. Et nous Africains, leur seront toujours reconnaissant », confie Amadou Diop, enseignant, le cœur serré.

Même son de cloche chez Aminata Sambou, commerçante, qui est convaincue que « terre sera légère pour ces trois soldats morts en terre africaine. Car ils sont tombés au cours d’une mission noble, alors qu’ils défendaient des populations du monde. En venant intervenir au Mali, les soldats français empêchent aux terroristes de se former et d’aller attaquer d’autres pays, comme le nôtre (le Sénégal) qui est voisin du Mali, mais aussi l’Europe. Car ce n’est un secret pour personne que de terroristes sont formés en Afrique pour aller combattre en Europe. Ce sont ceux-là qui tentent de frapper en France, en Belgique entre autres. Nous rendons un vibrant hommage à ces soldats morts. Vive la France, vive l’Afrique. Vive le monde entier. Ensemble, nous vaincrons le mal ».

Sept soldats français sont morts au combat depuis le lancement de l’opération Barkhane qui a succédé le 1er août 2014 à l’opération Serval au cours de laquelle dix soldats avaient été tués. 3 500 soldats français sont actuellement engagés dans l’opération Barkhane, déployés dans cinq pays du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad).