Situation trouble samedi à Kinshasa

Situation trouble aujourd’hui à Kinshasa. Ce samedi matin a été marqué par des tirs de la police pour un mouvement de protestation organisé par une centaine d’enfants de la rue contestant les résultats provisoires du deuxième tour de l’élection présidentielle.

Un groupe d’enfants de la rue, communément appelés « shégués », s’étaient massés aux environs de 10 heures autour d’un immeuble du quartier des affaires de la commune de la Gombe appartenant au vice- président Jean-Pierre Bemba, l’un des deux candidats aux présidentielles pour une marche devant les conduire au bureau de ce dernier, en passant par les installations de la CEI, en vue de « le déclarer vainqueur de ces élections ».

Selon le ministre congolais de l’Intérieur, le général Denis Kalume, le groupe, qui arborait des bandeaux rouges sur la tête, a commencé à manifester de la nervosité dès le début de la marche, provoquant des passants et leur lançant des quolibets, ce qui a amené la police à intervenir en tirant en l’air pour disperser le mouvement qui était en train de dégénérer, les manifestants ayant intégré en leur sein « des hommes en armes habillés en civil. Ils cherchaient alors à occuper les deux grandes avenues parallèles du quartier sur plus de deux kilomètres ».

A la mi-journée, le ministère de l’Intérieur, qui préconisait déjà l’intervention de l’armée pour « assurer la sécurité des hommes et de leurs biens », selon le ministre Kalume, a attendu les conclusions de la mission de bons offices que menait auprès du vice-président Jean- Pierre Bemba, le représentant du secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la mission onusienne dans ce pays, M. Lacy Swing.

Plus tard dans l’après-midi, la tension avait baissé alors que tous les commerces, les écoles et les bureaux s’étaient vidés de leurs occupants et que des troupes se tenaient en alerte maximum, dressant des barrières sur les principales artères du centre-ville.

La semaine qui s’achève a été marquée par des appels au calme, à la suite de nombreuses protestations radiotélévisées des partisans de Jean-Pierre Bemba contre les résultats provisoires publiés par la CEI.

Ces résultats, qui concernent plus de 80% des bureaux de vote, donnent une avance de plus de deux millions de voix à Joseph Kabila qui récolterait 60% des suffrages exprimés, .