Sissi souhaite renforcer le rôle de l’armée et de l’Etat dans l’économie

L’ancien maréchal Fattah Al-Sissi, qui fait figure de favori pour l’élection présidentielle égyptienne, a annoncé vouloir renforcer le rôle de l’Etat et de l’armée dans l’économie afin de mieux lutter contre la pauvreté. Cette annonce intervient alors que les affrontements entre pro et anti-Morsi persistent.

Le maréchal à la retraite, Abdel Fattah Al-Sissi, idole du peuple égyptien depuis qu’il a chassé Mohamed Morsi du pouvoir, était arrivé troisième à la présidentielle de 2012. Il fait désormais figure d’ultra-favori pour la troisième élection présidentielle de l’histoire de l’Egypte, qui aura lieu les 26 et 27 mai.

Il souhaite un meilleur contrôle de l’économie en y inférant l’Etat et l’armée. Le futur président a ainsi informé le secteur privé de son intention de contrôler les prix afin de réduire la marge de profit et de nouveaux marchés de produits à bas coût.

« Tout le monde doit payer »

Al Sissi souhaite ainsi que l’effort soit généralisé, « tout le monde doit payer » a-t’il déclaré. Il a donc appelé les hommes d’affaires à mettre en place un compte pour financer les projets, ce fond devrait s’élever à 10 milliards d’euros selon la presse privée.

Al-Sissi sait déjà qu’il deviendra président, ce dont personne ne doute, et il s’est laissé « deux ans pour régler les problèmes de l’Egypte », tel qu’il l’a annoncé lors d’une interview sur l’antenne arabophone de la chaîne de télévision britannique Sky News.« Si les choses se déroulent comme nous le prévoyons, ils (les Egyptiens) verront une amélioration d’ici à deux ans ».

Le pays est toujours en proie à des confrontations entre pro et anti-morsi, comme en témoignent les affrontements du Caire dans la nuit du 14 au 15 mai, où une personne a été tuée.

Lutter contre les Frères musulmans

Certains pensent que cette lutte contre la pauvreté est aussi le meilleur moyen de lutter contre les Frères musulmans. Selon un expert, « M. Sissi voit dans la lutte contre la pauvreté le principal moyen de priver les Frères musulmans de leur soutien populaire et de l’influence de leurs services sociaux », rapporte l’AFP.

Celui qui a renversé l’ancien président légitimement élu, est vivement engagé dans une bataille contre les Frères musulmans, confrérie à laquelle appartient M. Morsi. Ce dimanche 18 mai, 126 pro-morsi ont été condamnés à des peines de 10 ans de prison. Fin mars, déjà plus de 500 Frères musulmans avaient été condamnés à mort.