Sierra Leone : les habitants de Freetown contraints de boire de l’eau polluée !

Depuis une quinzaine de jours, la capitale de la Sierra Leone, Freetown, est en proie à une pénurie qui perdure, contraignants ses habitants à s’approvisionner de l’eau polluée.

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Rien ne va plus à Freetown ! La capitale de la Sierra Leone est en proie à une pénurie d’eau qui dure depuis une quinzaine de jours, à cause d’une sécheresse. Comme elle perdure, ses habitants n’hésitent pas à braver les dangers au péril e leur vie pour s’approvisionner une eau polluée, rapporte l’AFP. Selon la Guma Valley Water Company (GVWC), une entreprise qui distribue chaque jour 20 000 litres d’eau à Freetown, les causes de cette pénurie sont principalement dus à des problèmes environnementaux, mais sont exacerbés par la crise financière que traverse l’entreprise, affaiblie par des années de factures d’eau impayées. « Depuis une dizaine d’années, nous avons perdu des millions de dollars », explique un porte-parole de la GVWC. « Cette crise est autant liée au retard des pluies et à la déforestation qu’aux constructions de logements juste à côté des points de captage de l’eau », déplore-t-il.

« Nous n’avons jamais vu ça »

« Nous n’avons jamais vu ça », déplore pour sa part le pasteur Sammy Williams, qui en appelait à Dieu en fixant les habitations aux toits poussiéreux sur les hauteurs de la ville, entourées d’arbres desséchés.

Et la situation n’est visiblement pas prête de s’arranger. D’autant que des fabricants de bouteilles d’eau ont doublé leurs prix, alors que la majorité de la population vit avec moins d’un dollar par jour. « La crise de l’eau s’aggrave d’heure en heure », selon Sao Lamin, président du Consortium des sociétés civiles pour l’accès à l’eau potable. D’après lui, « nous avons mis en place des équipes de surveillance de nuit chargées d’évaluer l’ampleur de la crise et nous avons découvert que de nombreuses personnes, dont des écolières, ne dorment pas chez eux la nuit pour aller chercher de l’eau, parfois jusqu’au petit matin ».

Selon les chiffres du ministère de la Santé, en Sierra Leone, au moins 30% de la population meurt chaque année de maladies transmises par l’eau contaminée. De leur côté, les autorités ont appelé au calme et promis leur aide aux populations démunies face la situation.

La Sierra Leone qui est encore en convalescence, après avoir été durement frappée par l’épidémie du virus Ebola, doit aujourd’hui encore faire face à une nouvelle menace qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur la population.