Sida : les firmes pharmaceutiques attaquent l’Afrique du Sud

La Rainbow nation importe des médicaments génériques fabriqués au Brésil et en Asie pour lutter contre le sida. Des copies qui peuvent être jusqu’à 80 fois moins chères aujourd’hui. Les firmes détentrices des brevets veulent contrer ce choix de politique sanitaire. Et portent l’affaire devant les tribunaux.

C’est un procès dont dépend sans doute la vie de dizaines de millions d’Africains. Un procès qui fera jurisprudence. Saisie par 42 firmes pharmaceutiques, dont la toute puissante GlaxoSmithKline, la Haute Cour de Pretoria doit se prononcer sur l’importation par le gouvernement sud-africain de médicaments génériques contre le sida.

Pour empêcher l’Afrique du Sud d’importer des médicaments dont elles détiennent les brevets, les compagnies pharmaceutiques ont mis trois ans à boucler leurs dossiers et déboursé des millions de rands. L’Afrique du Sud, elle, compte sur le soutien des pays africains, des associations de lutte contre la pandémie et des ONG pour faire triompher ce qu’elle estime être son droit et son devoir : soigner ses millions de citoyens séropositifs et malades du sida.

120 000 rands par personne

A l’instar de nombre de ses homologues du Sud, Pretoria a décidé de passer outre la législation internationale sur la propriété intellectuelle définie par l’Organisation Mondiale du Commerce. Il en coûte entre 79 000 et 120 000 rands (120 000 FF) par an et par personne pour traiter à l’AZT et à aux trithérapies. Le salaire moyen des ménages sud-africains est en-dessous du seuil des 20 000 rands. Récemment, la Thaïlande a déclaré qu’elle pourrait mettre en circulation des trithérapies valant 1 400 rands par année et par personne.

Les associations de lutte contre le sida affirment que pour préserver seulement 5% de leurs chiffres d’affaires (Afrik.com du 1er décembre 2000), les firmes pharmaceutiques sont prêtes à provoquer la mort de 30 millions d’africains d’ici 2013. Date à laquelle les brevets tomberont dans le domaine public… Contactée par Afrik en son siège londonien, la GlaxoSmithKline n’a pas souhaité réagir.