SIAO 2026 : le Mali et le Niger misent sur l’artisanat pour souder le Sahel


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Célébration de la journée dédiée au Mali et au Niger au SIAO 2026, Ouagadougou, le 4 novembre 2026
Célébration de la journée dédiée au Mali et au Niger au SIAO 2026, Ouagadougou, le 4 novembre 2026

Le Mali et le Niger, pays invités spéciaux de la 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), ont célébré, ce mercredi 4 novembre 2026, leur journée dédiée. Au-delà de la présentation de leurs créations, les deux pays ont saisi l’occasion pour réaffirmer leur volonté de faire de la coopération artisanale un instrument de rapprochement et d’intégration économique au sein de la Confédération des États du Sahel (AES).

La cérémonie a réuni des représentants des gouvernements burkinabè, malien et nigérien, des responsables institutionnels ainsi que de nombreux professionnels du secteur. Selon Alassane Ouédraogo, secrétaire général du ministère burkinabè chargé de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, cette participation traduit des liens qui dépassent les considérations géographiques. Les trois pays partagent, à son avis, une histoire, des traditions et des aspirations communes autour de la souveraineté, de la dignité et du développement.

Mais cette fraternité doit désormais se traduire dans les échanges commerciaux et les partenariats entre acteurs économiques. C’est également le plaidoyer de l’ambassadeur du Mali au Burkina Faso, Issouf Oumar Maïga. Le diplomate a notamment proposé de renforcer les complémentarités entre le SIAO, le Salon international de l’artisanat du Mali (SIAMA) et le Salon international de l’artisanat pour la femme (SAFEM), organisé au Niger. Ces manifestations, estime-t-il, peuvent constituer les piliers d’un espace commun de promotion et de commercialisation des produits artisanaux.

De la fraternité culturelle aux opportunités économiques

À partir du SIAO 2026, les autorités des trois pays veulent sortir l’artisanat de son statut d’activité essentiellement traditionnelle pour en faire un véritable secteur de transformation économique. La valorisation des matières premières locales, l’amélioration des capacités de production et l’accès aux marchés figurent parmi les priorités évoquées.

La mobilisation des délégations témoigne de cet intérêt. Le Niger participe avec 200 artisans répartis sur 54 stands. Le Mali a, pour sa part, mobilisé une délégation de 150 personnes. Les deux pays entendent profiter de cette vitrine pour faire connaître leurs productions et nouer de nouveaux contacts professionnels.

Le financement des artisans, particulièrement des femmes et des jeunes, a également occupé une place importante dans les interventions. La protection des savoir-faire traditionnels et l’accès des produits locaux à la commande publique ont été évoqués comme des leviers de développement. Des prestations artistiques, découvertes gastronomiques et remises de distinctions ont fini de colorer cette journée où célébration culturelle et ambitions économiques se sont jointes au grand bonheur des artisans.

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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