Burkina Faso : au SIAO 2026, l’artisanat africain veut devenir une véritable industrie


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Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo devant un hélicoptère fabriqué à partir de douilles de balles
Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo devant un hélicoptère fabriqué à partir de douilles de balles

De l’hélicoptère miniature fabriqué avec des douilles de balles aux métiers à tisser traditionnels, le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) illustre l’inventivité des créateurs africains. En visite mardi 3 novembre, le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a salué leur savoir-faire. Mais au-delà de la créativité, c’est désormais la capacité de l’artisanat à devenir un véritable moteur économique qui est en jeu.

Un hélicoptère fabriqué à partir de douilles de balles, une machine destinée au tissage du pagne traditionnel, des objets décoratifs aux finitions soignées… Au 18e Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) dont la première édition remonte à 1988, les créateurs africains rivalisent d’ingéniosité pour donner une nouvelle dimension à leurs savoir-faire. Une créativité qui n’a pas laissé indifférent le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, venu à la rencontre des exposants le mardi 3 novembre 2026.

Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo salue la créativité des artisans

Accompagné d’une délégation gouvernementale et de la ministre chargée de l’Artisanat du Congo, le chef du gouvernement burkinabè a parcouru plusieurs pavillons pour découvrir les productions des artisans du continent. Des cases traditionnelles peules construites en paille aux créations contemporaines, en passant par les équipements de tissage, les œuvres exposées témoignent de la diversité des techniques et des inspirations.

Le Ghana, pays invité d’honneur, a également reçu la visite de la délégation. Le Mali et le Niger, invités spéciaux, affichent pour leur part une présence remarquée. Au pavillon de la créativité « Thomas Sankara », une cinquantaine d’œuvres en compétition donnent un aperçu des nouvelles possibilités explorées par les artisans africains.

À l’issue de cette immersion, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo n’a pas caché sa satisfaction devant la qualité des réalisations. « Stand après stand, nous avons été témoins de la créativité et surtout du raffinement qui se remarque auprès de nos artisans », a-t-il déclaré. Il a particulièrement insisté sur le travail des finitions et la capacité des créateurs à marier les références culturelles africaines aux exigences de la modernité.

L’artisanat, un maillon de l’industrialisation

Reste désormais à transformer cette créativité en débouchés économiques. Le Premier ministre burkinabè estime que les artisans ont démontré leur capacité à préserver l’authenticité de leurs œuvres tout en renouvelant leurs techniques et leurs formes d’expression.

Cette ambition rejoint le thème de la présente édition, consacré aux synergies entre artisanat africain et industrialisation. Loin d’être deux univers incompatibles, les activités artisanales et industrielles peuvent se renforcer mutuellement. « L’artisanat nourrit également l’industrie », a rappelé le chef du gouvernement.

Cette complémentarité pose notamment la question de la transformation des matières premières locales, de la structuration des filières et de la capacité à produire avec régularité sans sacrifier la qualité. Autant de conditions pour passer d’un savoir-faire reconnu à une véritable activité économique compétitive. Le Premier ministre a donc invité les artisans à poursuivre leurs efforts de perfectionnement et encouragé les populations à visiter les stands.

Ouvert le 30 octobre, le SIAO 2026 se poursuit jusqu’au 8 novembre.

SIAO 2026
SIAO 2026

SIAO 2026 visite des stands

SIAO 2026 visite des stands 2
SIAO 2026 visite des stands 2
SIAO 2026 au Burkina Faso
SIAO 2026 au Burkina Faso
Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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