Les Etats africains défendent leur artisanat

A l’occasion du SIAO 2002, l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, l’UEMOA, a présenté son programme d’action pour relancer l’artisanat africain. Elle veut aussi harmoniser la réglementation dans les Etats membres.

Conscients du fort potentiel de la filière artisanale en terme de création d’emplois et sa place dans leur produit intérieur brut, les 8 pays de l’UEMOA : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo ont décidé de se doter des moyens nécessaires à son développement. En marge du SIAO 2002, M.Dicko, chargé de la promotion de l’artisanat à l’UEMOA, a présenté un vaste programme d’actions. Ce projet ambitieux interviendra à tous les niveaux de la production artisanale, tant pour l’artisanat de production (tissus, poteries …), que l’artisanat de services (mécanique, électricité, menuiserie ….) et l’artisanat d’art.

Harmoniser la législation

En premier lieu, il s’agit d’harmoniser les différentes normes et réglementations en vigueur dans les différents pays. Ensuite, il s’agit d’améliorer la compétitivité des entreprises en les aidant à trouver des financements pour leur équipement et leur permettre d’accéder aux marchés publics. Enfin, ce programme tend à valoriser l’utilisation des matières premières locales, sans oublier la protection et la promotion du patrimoine culturel véhiculé par l’artisanat d’art. M. Dicko a constaté qu’il existe aujourd’hui, dans tous les Etats membres, un ministère chargé de l’artisanat. Il a présenté des initiatives qui ont déjà porté leur fruit, comme la création de villages artisanaux, dont le nombre devrait se multiplier. Il a aussi salué la création d’une Confédération des artisans de l’Afrique de l’Ouest qui regroupe les organisations d’artisans qui ont un rôle important à jouer.

La formation des artisans est un volet important du programme : leur apprentissage traditionnel auprès d’un aîné entraîne la répétition à l’identique d’une même technique, sans évolution. De même, le chargé de la promotion de l’artisanat pense nécessaire de séparer production et commercialisation en arguant qu’artisanat et commerce sont deux métiers différents bien que complémentaires. Il a déploré la déperdition des énergies et des budgets investis par les ONG et les responsables publics qui travaillent sans concertation, en laissant de nombreux besoins insatisfaits.

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