Sexualité: près d’1 million de Marocains « en panne »

Près d’un million de Marocains souffrent de troubles de l’érection, selon une étude effectuée dernièrement à Casablanca. Une pathologie abordée lors du XVe congrès national d’urologie, et dont environ un homme sur quatre souffrirait dans le monde.

Nos mâles auraient-ils moins de vigueur? Près d’un million de Marocains souffrent de troubles de l’érection, selon une étude effectuée dernièrement à Casablanca. « Nous ne sommes pas plus virils que les Européens », a lancé le professeur Zakaria Belahnech, président de la Société marocaine d’urologie, lors d’une rencontre organisée le 26 avril à Rabat, en marge du XVe congrès national d’urologie. Le débat a été axé sur la rigidité de l’érection et son rôle dans la sexualité, outre la prise en charge et le traitement de la dysfonction érectile. Cette dernière est jugée par les praticiens comme une pathologie complexe. Celle-ci diffère selon la vie du patient, son influence, son âge ou encore son organe.

Aussi, l’impuissance sexuelle (terme de moins en moins utilisé) reste-t-elle plus que jamais un tabou dans les foyers marocains, note Belahnech. Ce dernier parle d’une pandémie des troubles érectiles. Au Maroc, moins d’une femme sur quatre (23%) se déclare insatisfaite dans ses relations sexuelles alors qu’un homme sur trois s’estime heureux, avait révélé une étude pour une meilleure vie sexuelle réalisée par des laboratoires Pfizer (www.leconomiste.com). Elle a avait concerné 255 Marocains (130 hommes et 125 femmes). Le taux de coopération a été de 55% pour les hommes et de 46% pour les femmes.

Dans le monde, la dysfonction érectile affecte entre 13 et 28% des hommes âgés de 40 à 80 ans. Ce sont presque les mêmes estimations au Maroc, indiquent le professeur. En 1995, plus de 152 millions d’hommes en souffraient dans le monde. Pour 2025, les prévisions font état de 322 millions. «La prévalence augmente avec l’âge. Elle peut être secondaire à plusieurs pathologies comme le diabète, les maladies cardiovasculaires, l’hyperlipidémie ou encore l’hypertension», souligne Belahnech.

Un nouvel outil de mesure de la qualité de l’érection

Aujourd’hui, les spécialistes sont convaincus que la rigidité de l’érection est un facteur déterminant d’une meilleure sexualité. En 2006, l’enquête mondiale GBSS (Global Better Sex Survey) avait révélé que la rigidité de l’érection était aussi importante pour les hommes que leur capacité à l’obtenir et à la maintenir (12.558 hommes et femmes dans 27 pays ont été sondés pour les besoins de cette enquête). Seulement 38% des hommes étaient entièrement satisfaits de la qualité de leur érection, deux sur trois ne pouvaient pas toujours l’obtenir et presque autant avaient du mal à la maintenir pendant le rapport sexuel. La moitié des couples n’étaient pas entièrement satisfaits de leur vie sexuelle.

Bonne nouvelle. Les hommes peuvent mieux contrôler la prise en charge de leurs troubles érectiles et mesurer le succès de leur traitement. En effet, Pfizer a dévoilé le 23 mars dernier à Berlin, lors du Congrès européen d’urologie, un nouvel outil de mesure de la qualité de l’érection: le score de rigidité de l’érection (Erection Hardness Score ou EHS). Ce nouvel outil de diagnostic (présenté le 26 avril à Rabat) pour les patients et les professionnels de la santé (auto questionnaire) est basé sur une échelle de 4 points. Cette échelle identifie les érections de «Grade 4» comme étant le but optimal de traitement pour les hommes souffrant de dysfonction érectile. Des études cliniques récentes montrent que l’optimisation de la rigidité de l’érection est fortement corrélée avec des améliorations significatives dans la relation sexuelle, la confiance, et l’estime de soi.

F .Z. T., pour L’économiste