Sept blogueuses sur la Croisette

Cannes vu par…, tout un programme ! Le site d’informations, dédié à la 65e édition du Festival de Cannes, est l’oeuvre de sept blogueuses, dont cinq originaires du continent africain. Canal France International (CFI) a constitué une rédaction originale qui apporte un regard inédit sur l’un des plus grands évènements culturels de la planète.

Le Festival de Cannes, qui s’achève ce dimanche, a été disséqué par la presse internationale et la blogosphère. Parmi les observateurs attentifs de cette grand-messe du cinéma, sept blogueuses réunies par Canal France International (CFI), opérateur de la coopération internationale de l’audiovisuel français. Elles animent le site Cannes vu par…. Il emprunte son nom à une opération lancée, il y a quelques années, par CFI dont la vocation est de former les journalistes, notammant du Sud.

Pour cette 65e édition du Festival de Cannes, CFI inaugure un « laboratoire du journalisme citoyen et du e-journalisme». « Pendant deux ans, explique Guillaume Pierre, le directeur Afrique de CFI, nous avons constitué une rédaction mondiale de journalistes de télévision qui ont couvert le festival de Cannes. Cette année, nous avons invité sept blogueuses. Elles fabriquent le contenu du site Cannes vu par…, l’expression de leur regard décalé et original sur le festival ». Si elles sont journalistes pour la plupart d’entre elles, c’est plutôt « leur regard de blogueuses » qu’a tenu à mettre en exergue Cédric Kalonji, émérite blogueur africain qui encadre cette singulière rédaction. « Elles vivent les choses de manière différente, elles ont des regards différents. C’est cette énergie qui est exploitée », poursuit le coordonnateur du projet. Cédric Kalonji, l’un des pionniers de la blogosphère africaine, a pris une part active dans la sélection des membres de son équipe dont il connaît la plupart.

Les blogueuses présentes à Cannes ont été choisies grâce à leur travail et à leurs blogs. Parmi cette escouade féminine de l’information réunissant sept pays, cinq Africaines. La Tunisienne Sarah Ben Hamadi anime depuis 2008 le blog Un œil sur la planète » qui s’intéresse à l’actualité sociale et politique de son pays. « Je ne suis pas une spécialiste du cinéma. Mais le Festival de Cannes est un mythe. Ça ne se rate pas. J’ai beaucoup de chance d’être là, c’est une expérience enrichissante qui va me permettre d’améliorer mes compétences et de découvrir les coulisses d’un festival que je regardais jusqu’ici à la télé ». Pendant quelques jours, la jeune femme a mis entre parenthèses l’actualité socio-politique d’une Tunisie post-révolution où elle estime qu’« il y a encore du chemin à faire ». « Le gouvernement essaie de grignoter sur les libertés individuelles. Les journalistes résistent, les blogueurs également », affirme Sarah Ben Hamadi.

Des regards singuliers sur une expérience inédite

Lalatiana Rahariniaina s’intéresse également à sa société. La Malgache a lancé en 2010 Ampela Miblaogy, qui signifie « Femme qui blogue ». Pour elle, Cannes est « une grande expérience». Un sentiment que partage l’Ougandaise Rosebell Kagumire. La journaliste s’est spécialisée sur les questions relatives aux conflits et à la paix en Afrique de l’Est. Son blog, Rosebell’s Blog, a remporté en 2009 le prix
du meilleur blog africain anglophone décerné par
l’institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO). « Couvrir le festival n’est pas une opportunité offerte à tous les journalistes », note la blogueuse ougandaise. Par ailleurs, ajoute-t-elle, « nous venons de pays qui ne sont pas souvent représentés à Cannes ».

L’Egypte de Menna Taher, qui officie au service culturel de la version anglaise du site d’information Ahram Online, est l’exception qui confirme la règle. Après la Bataille de Yousry Nasrallah est en compétition cette année. Comme toute la planète, la journaliste a découvert le long métrage de son compatriote sur la Croisette. « C’est très excitant d’être à Cannes et que l’Egypte fasse partie de cette belle sélection qui réunit de prestigieux réalisateurs », se réjouit-elle. A l’instar de ses collègues, Andréa Magnim estime que « l’aventure est unique ». « C’est un monde que je découvre », avoue la journaliste togolaise qui participe au blog collectif panafricain Ouestafrikablog. La planète découvrira, quant à elle, le palmarès de la 65e édition du Festival de Cannes ce dimanche soir. A ceux qui en auraient besoin, Cannes vu par… devrait fournir (en français et en anglais) tous les éclaircissements.