Sénégal : un navire de guerre arraisonné, 6 individus aux arrêts

Le Sénégal est-il assis sur une poudrière ? On ne saurait confirmer ou infirmer. Toutefois, les informations de ces derniers jours laissent planer des menaces sérieuses sur la sécurité du pays de la Teranga. Surtout après l’arraisonnement d’un navire de guerre sur les côtes sénégalaises et qui a abouti à l’interpellation de l’ancien Directeur général de la Sureté nationale, entre autres individus.

(De notre correspondant)

Selon le journal Enquête, l’Amirauté sénégalaise avait été informée de la présence, dans les eaux sénégalaises, d’un navire non identifié. C’est ainsi que des commandos marins, un corps d’élite de l’Armée sénégalaise, avait été envoyé sur la zone pour intercepter ledit navire. Il s’agissait d’un navire de guerre, doté de ses canons bâbord et tribord. Quatre anciens militaires britanniques constituaient l’équipage. Interpellés, après que le navire ait été arraisonné, ils ont été conduits à la brigade de la Marine, au port de Dakar, pour audition. Le navire appartiendrait au Sultanat d’Oman selon des sources et avait été « déclassé pour servir de bateau de plaisance ».

En outre, le journal Enquête, dans sa livraison de lundi, révélait que les quatre membres d’équipage ont travaillé dans la surveillance pour une société de sécurité. Des rumeurs faisaient croire que le navire était arrivé à déjouer toute surveillance pour parvenir à l’intérieur du port de Dakar, jeter l’ancre et s’arrimer au quai de l’embarcadère. La Section Recherches de la Gendarmerie nationale avait été désignée par mener une enquête qui a abouti à des interpellations.
En effet, Mamadou Sarr alias Toto, ancien Directeur général de la Sureté nationale, les quatre Britanniques membres de l’équipage du navire de guerre, ainsi qu’un homme d’affaires du nom de Samir Mourad, ont été mis aux arrêts par les éléments de la Section recherche de la gendarmerie nationale.

Libération annonce, de source autorisée, que les gendarmes sont remontés à une lettre de l’ancien patron de la police nationale qui a permis au navire d’accoster, sans que la moindre information soit communiquée au Port autonome de Dakar.

L’on apprend que Samir Mourad est l’un des gérants de la société Prima Centurie Sarl, enregistrée au Registre du commerce sous le numéro SNDKR2013B1531 et ayant son siège social à Dakar-Yoff. Comme le nom de l’objet social l’indique, cette société qui s’occupe de « la sécurité et de la sûreté sur terre et/ou mer et/ou les airs ; toutes opérations d’escortes, de transport, d’assistance et de protection armée ou non, des personnes et des biens, sur terre et/ou mer et/ou par les airs », a été créée le 31 janvier 2013. Et selon Libération, tout indique que sa naissance obéissait au seul dessein de « sécuriser » le navire jusqu’à Dakar.

Une affaire qui frise le scandale et qui pourrait avoir des rebondissements dans les jours à venir, surtout qu’un haut gradé de la police, en l’occurrence l’ancien DGSN, a été mis aux arrêts. Affaire à suivre.