Sénégal : les dessous d’un remaniement ministériel

Au Sénégal, il y a eu, lundi, un remaniement ministériel, notamment au ministère de l’Energie. Le Président Macky Sall a nommé Thierno Alassane Sall ministre de l’Energie en remplacement de Maimouna Ndoye Seck. Pape Dieng qui était à la tête de la SENELEC est également limogé au profit de Mouhamadou Makhtar Cissé. Pourquoi un tel remaniement ? Officiellement, selon l’Etat, le ministère de l’Energie était un très mauvais élève dans la gestion de son budget. Mais certains observateurs y voient d’abord une manœuvre politique. Décryptage.

Le ministère de l’Energie a changé de visage au Sénégal. Le Président Macky Sall a effectué, lundi, un vaste remaniement au sein de l’un des portefeuilles les plus garnis du pays de la Téranga. L’ancien directeur de l’Agence Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), Thierno Alassane Sall, a été nommé ministre de l’Energie en remplacement de Maimouna Ndoye Seck. Pape Dieng, directeur de la Société nationale de l’électricité du Sénégal (SENELEC) a été limogé au profit de Mouhamadou Makhtar Cissé, un des hommes de confiance du Président sénégalais.

Une manœuvre politique ?

Officiellement, la raison de ce remaniement serait liée à la très mauvaise gestion du budget de la SENELEC qui est notamment souvent pointée du doigt par les contribuables sénégalais pour les factures très élevées qu’ils sont souvent contraints de payer, sans compter les délestages récurrents. Mais des observateurs tels que Pape Samba Kane, politologue par ailleurs directeur du journal Le populaire, contacté par Afrik.com, estiment que ce « remaniement est avant tout une manœuvre politique ». D’autant que le Président Macky Sall « a placé des hommes qui lui sont proches en qui il a confiance ». Il admet même être « très surpris par cette décision du chef de l’Etat quand on sait que les délestages et coupures de courant sont beaucoup moins nombreux sous la présidence de Macky Sall que lors du deuxième mandat d’Abdoulaye Wade ». Ce dernier avait en effet, lors de son second mandat, été très critiqué pour les coupures incessantes d’électricité qui pouvaient parfois durer 10h! « Ce qui n’est pas du tout le cas avec l’actuel pouvoir, explique le politologue sénégalais, « puisqu’on affirme même que l’un des acquis principaux a été d’avoir réussi à améliorer la situation sur la question de l’Energie. Le courant coupe toujours au Sénégal, mais beaucoup moins désormais ».

« Ce n’est pas un réaménagement de promotion »

Le nouveau ministre de l’Energie a-t-il donc été nommé par promotion ? Il a tenu à mettre les choses au clair, dans les colonnes du journal L’Observateur, qui fait partie du groupe de presse Futures médias, fondé par le chanteur Youssou Ndour. « Ce réaménagement n’est pas un réaménagement de promotion, mais un réaménagement pour continuer un travail important engagé pour le Sénégal », a déclaré Thierno Alassane Sall. « Je pense surtout aux défis qui m’attendent, aux Sénégalais et à leur forte attente en énergie. Dans les prochains jours, après m’être concerté avec les autorités et le nouveau Directeur général de la SENELEC, on pourra décliner notre feuille de route », souligne-t-il.

Hormis le secteur de l’Energie, il y a aussi eu d’autres changements au sein du gouvernement du Premier ministre Mohamed Ben Abdallah Dionne. Omar Youm, ministre de la décentralisation des collectivités locales, a été nommé Directeur de cabinet du chef de l’Etat, remplaçant Seydou Guèye, qui est désormais délégué auprès du Premier ministre et du porte-parole du gouvernement. De même, Abdoulaye Diouf Sarr auparavant ministre des Transports aériens a été nommé au ministère des Collectivités locales et de la Décentralisation. A sa place, c’est Maimouna Ndoye Seck qui a été nommé ministre des Transports aériens.

A signaler qu’avec cette nomination, Thierno Alassane Sall effectue son retour dans le gouvernement. Ce Thiessois (70km de Dakar), qui occupait le portefeuille de ministre des Transports et des Infrastructures, avait fait les frais de la défaite enregistrée dans son fief, lors des dernières élections locales. Il avait en effet été limogé au lendemain de son cuisant echec, face au maire sortant de la capitale du Rail, Idrissa Seck, qui a confié la gestion de la mairie à l’opposant Talla Sylla.